Les médecins du secteur public de nouveau en grève le 1er novembre

Après deux grèves les 28 septembre et 16 octobre, le SIMSP (Syndicat indépendant des médecins du service public au Maroc) a de nouveau appelé dans un communiqué à une grève nationale le 1er novembre pour protester contre le mépris du ministère de la Santé à l'égard de la situation bouillonnante que vit le corps médical. Ils protestent aussi contre l'échec de leur dialogue et négociations avec ce dernier ainsi contre le désistement du ministère pour répondre à leurs demandes.

Cette nouvelle grève nationale concerne tous les hôpitaux du royaume, hormis les services d'urgence et de réanimation.

Les médecins du service public annoncent également l'organisation d'un sit-in devant le ministère de la Santé suivi d'une marche vers le Parlement le jour même de la grève nationale. Ils porteront également un brassard noir tout au long de la semaine du 30 octobre au 5 novembre.

Selon le communiqué du SIMSP, les médecins du secteur public sont bien décidés à se défendre face à ce blocage et à faire valoir leurs droits par tous les moyens légaux dont ils disposent.

La principale réclamation des médecins : Équivalence du doctorat en médecine avec le doctorat national, et être payé selon l’indice salarial 509 soit près de 15.000 dirhams mensuels. Les lauréats ne sont actuellement payés que selon l’indice 336 au même titre qu’un étudiant détenteur d’un master, soit 8600 dirhams de revenus mensuels. Le syndicat revendique aussi de rajouter deux grades au-dessus du hors échelle. Ils réclament aussi l'application des accords du 21 décembre 2015, en vertu desquels le ministère de la Santé s'était engagé pour améliorer les conditions financières des professionnels du secteur en augmentant notamment les salaires et les indemnités

Le nouveau ministère qui remplacera Houssein Louardi devra faire face à de nombreux défis, à savoir le manque de personnel médical, l’accès aux soins ainsi que le  manque d’infrastructures sanitaires et  la qualité des structures sanitaires.

 Il est à noter que les chiffres en matière d’accès aux soins de santé sont alarmants, une grande partie des citoyens ne peuvent pas les payer. Aujourd'hui au Maroc, la difficulté d'accéder aux soins se trouve aggravée par une inégale répartition géographique entre milieux et entre régions. Les écarts de densité sont importants non seulement entre les régions sanitaires mais aussi au sein de la même région. Bien plus, la distribution régionale des professionnels de santé favorise largement les régions métropolitaines. En effet, 22% des professionnels publics, sont concentrés dans les régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé ZemmourZâer ; c’est aussi dans ces deux régions que sont installés 50% des médecins exerçant dans le secteur libéral. Le Maroc souffre d'une pénurie aiguë en personnel de santé. Il ne compte que 6 médecins pour 10.000 habitants. Le pays est loin de répondre au standard de l'OMS fixé à 1 médecin pour 650 habitants. Selon le ministère de la santé, le manque de médecins est estimé à 7.000. Pour ce qui est des infirmiers, les besoins s'élèvent à 9.000. S'agissant du personnel infirmier et des sages-femmes, leur nombre s'élève à 24.328, ce qui représente une densité médicale de huit professionnels de santé pour 10.000 habitants, selon les statistiques sanitaires 2010 de l'OMS. Plusieurs rapports émanant d'organismes nationaux ou internationaux ont dressé un bilan dérisoire en termes de santé au Maroc. Le Réseau marocain pour le droit à la santé avait publié un rapport dans lequel il dénonce l’état piteux des hôpitaux au Maroc. Selon ce rapport, 70% des structures hospitalières relevant du secteur public sont non-conformes.