Maroc

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Trois médecins sont poursuivis dans une affaire d’avortement clandestin. Il s’agit d’un gynécologue qui travaille au centre hospitalier régional de Rachidia, une anesthésiste et un médecin propriétaire d'un cabinet situé dans le quartier populaire de Yacoub Al Mansour.

Ces trois médecins sont poursuivis pour avortement illégal.

Au Maroc, selon le code pénal, les interruptions volontaires de grossesse (IVG) ne sont autorisées qu'en cas de danger pour la « vie » ou la « santé » de la femme et avec accord du mari, l'avortement est toujours interdit en cas de viol, d'inceste ou de malformation fœtale.

Selon l'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin (AMLAC), 1.400 avortements seraient pratiqués chaque jour au Maroc. Certains de ces avortements seraient effectués « dans des conditions sanitaires catastrophiques » par des « charlatans » ou des « herboristes » et concerneraient surtout des femmes qui n’ont pas les moyens de s’adresser à un professionnel de santé. Derrière chaque avortement, il y a un drame humain dont les conséquences peuvent être terribles, non seulement pour la personne concernée, mais également, la famille et la société.

Il est vrai que le sujet de l'avortement au Maroc a toujours suscité des débats au sein de la société marocaine en raison d'une loi très répressive, tout particulièrement les articles 449 à 458 du code pénal marocain. Beaucoup d’associations montent au créneau pour dénoncer les avortements clandestins, cause principale de la mortalité maternelle, et lancer des pétitions pour libéraliser l'avortement au Maroc.


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Nouvelle grande pénurie de sang au Maroc. Les stocks de sang sont au plus bas selon le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie. Tous les centres de transfusion sanguine du royaume sont dans une situation problématique. Depuis le mois de janvier 2017 à ce jour, seulement 260.000 dons ont été collectés au niveau national.

À ce sujet, le Centre national de transfusion lance un appel urgent à tous les professionnels et fonctionnaires du ministère de la Santé pour solliciter les donateurs de sang.

Au Maroc, le taux de don de sang par rapport à la population représente 0,95%, dont celui de don régulier (donneurs réguliers) ne dépassant pas les 15%. Ce taux est très loin du seuil minimum recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. En gros, une personne seulement sur 100 fait un don du sang au Maroc. A titre de comparaison, en Algérie, 450 000 donneurs, en  France, 3,2 millions et en tunisiens, 200 000 donneurs (pour 10 millions d'habitants). Outre les dons des bénévoles, l'on distingue aussi les dons de compensation destinés à répondre aux cas d'urgence: dans ce cas, les membres de la famille du patient doivent compenser le sang qui lui sera donné.

La demande est supérieure à l'offre dans de nombreux pays et les services de transfusion sanguine sont confrontés à la nécessité de trouver suffisamment de sang tout en en assurant la qualité et la sécurité. Un approvisionnement suffisant ne peut être garanti qu'à travers des dons de sang réguliers par des donneurs volontaires non rémunérés.


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La mastectomie préventive est une intervention chirurgicale destinée à diminuer fortement le risque de cancer du sein. Elle consiste en l’ablation des deux seins. Elle est quasi-exclusivement proposée aux femmes porteuses de mutations d’un des gènes BRCA1 ou BRCA2, et qui ont donc une grande probabilité de contracter un cancer.

Des médecins Marocains viennent de réaliser pour la première fois au Maroc la mastectomie préventive, ablation préventive des deux seins avec reconstruction totale.

L’opération a eu lieu dans le centre Cheikha Fatma qui est dirigé par la Fondation Lalla Salma de prévention du cancer. Elle a été réalisée par le Pr Mounia Omari, chirurgien plastique spécialiste en sénologie.

Selon les statistiques, entre 5% à 10% des femmes touchées par un cancer du sein sont porteuses du gène BRCA 1 ou BRCA 2 (BReast Cancer Gen). Une femme porteuse de cette anomalie génétique héréditaire présente un risque élevé de cancer du sein, à savoir 85 % de risque d’être touchée par cette maladie avant ses 80 ans. Et si un sein est touché, le risque de voir un cancer se développer dans l’autre augmente de 40 à 60 %. Ces gènes font également augmenter le risque de cancer de l’ovaire de 10 à 40 %.


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  • 15 aoû 2017

  • Par : EL HALI Mostafa

  • Tags : sante, Maroc

Une première dans le système de santé marocain, Mr Houcine El Ouardi, ministre de la Santé, vient de nommer des infirmiers à la tête de plusieurs centres hospitaliers. Le poste de directeur d’hôpital était jusque là exclusivement réservé aux médecins.

Dans une liste de 36 nouveaux directeurs des hôpitaux des 11 régions du Maroc, le ministre a nommé cinq infirmiers pour ce poste. Il s’agit de  l’infirmier Aziz Chetouani, directeur de l'hôpital régional de Oujda Al Farabi, de l’infirmier Moulay Lakbir Misyamri, directeur de l’hôpital régional de Marrakech, Ibn Zohr, de l’infirmière Ouafaa Ajroudi, directrice de l'hôpital Eddarak de Berkane, de Nawal Ouahbi, directrice de l'hôpital Provincial Taourir, et de Aziz Mares, directeur du centre d'oncologie d'Agadir.

Ces nouveaux cadres sont tous lauréats du deuxième cycle de la filière management sanitaire à  l’ENSP.

Historique de l'Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP) (Ex INAS)

L’INAS (Institut National d’Administration Sanitaire) a démarré ses activités en Septembre 1989 et a été institutionnalisé le 10 Mars 1994 par le décret du Premier Ministre n° 2-93-752. Placé sous la tutelle du Ministère de la Santé, l’Institut a été reconnu comme une institution de formation de professionnels de Santé de haut niveau.

En 2013, l’établissement a changé de dénomination pour devenir l’Ecole Nationale Santé Publique (ENSP) suite à l’adoption du décret n° 2.12.904 (du 27 Joumada I 1434 (8 avril 2013)) qui a établi un nouveau statut pour l’institution. L’évolution de l’INAS vers l’ENSP n’est pas un simple changement de dénomination.

Il s’agit de la création d’une Ecole à vocation nationale et internationale avec une vision ambitieuse et adaptée aux besoins évolutifs latents ou exprimés par les différents acteurs du secteur de santé et ce, à travers des activités de plus en plus développées et des prérogatives beaucoup plus larges.

L’Ecole a intégré la liste des structures d’enseignement supérieur ne relevant pas des universités. C’est un établissement d’enseignement supérieur relevant du Ministère de la Santé et soumis à la tutelle pédagogique du Ministère de l’Enseignement Supérieur. Par conséquent, l’ENSP sera en mesure de s’aligner sur les standards nationaux et internationaux en matière de formation et de recherche.


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Le Maroc ne dépenserait annuellement que 0,1 dollar par nouveau-né pour la promotion de l’allaitement maternel d'après le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), publié en ce mois d’août.

Cette organisation pointe du doigt l’insuffisance du budget alloué par le Maroc à la promotion de l’allaitement maternel. Elle reproche aussi au Maroc l’absence de dispositions contraignantes susceptibles d’améliorer la situation.

Au niveau mondial, moins de 40% des nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein. Au Maroc cette pratique est en nette recul depuis la fin des années 80. Les Marocaines ont recours à l’allaitement artificiel au détriment de l’allaitement naturel.

Selon les statistiques du ministère de la Santé, 27,8% des femmes au Maroc, soit près de trois femmes sur dix, allaitent leur bébé exclusivement au sein durant les six premiers mois. Un taux en baisse depuis 25 ans: en 1992, un peu plus d'une Marocaine sur deux allaitait son enfant.

Selon l’OMS, Il est prouvé que l'allaitement au sein présente des avantages sur les plans cognitif et sanitaire pour les nourrissons ainsi que pour leur mère. Il est en particulier essentiel pendant les 6 premiers mois de la vie car il contribue à la prévention de la diarrhée et de la pneumonie, deux causes majeures de mortalité chez les nourrissons. Les mères qui allaitent ont un risque réduit de cancer des ovaires et du sein, deux grandes causes de mortalité chez les femmes. «L'allaitement maternel donne aux nourrissons le meilleur départ possible dans la vie», selon le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.

Selon le Directeur général de l’UNICEF, «L'allaitement maternel est l'un des investissements les plus efficaces et les plus rentables qu’un pays puisse faire en faveur de la santé de ses plus jeunes habitants et de la santé future de son économie et de sa société».


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  • 10 aoû 2017

  • Par : EL HALI Mostafa

  • Tags : OMS, SIDA, Maroc

Selon un nouveau rapport du Programme commun des Nations unies sur le VIH (ONUSIDA), L’accès au traitement contre le VIH s’améliore considérablement au Maroc grâce aux efforts déployés par les différents intervenants dans ce domaine.

En effet, selon ce rapport, Le Maroc a augmenté l’accès aux soins contre le Sida de 16% en 2010 à 48% en 2016.

Selon les associations de lutte contre le sida au Maroc, ce progrès est en effet significatif, mais du travail reste encore à faire, surtout en matière de sensibilisation, de prévention, de diagnostics précoces.

Il est à noter qu’au Maroc les indicateurs de la maladie sont à la baisse mais l'épidémie est toujours présente.

Même si le taux des personnes atteintes par le virus a diminué de 42% entre 2000 et 2014, l'épidémie continue à se développer, puisque 1.200 personnes contractent le virus et 900 décèdent à cause du VIH/sida chaque année dans le pays, selon les statistiques officielles

Aujourd'hui, le nombre de personnes atteintes par le VIH est estimé à plus de 24.000 personnes dont la moitié est âgée entre 20 et 35 ans, environ 70% de ces 24.000 personnes vivant avec le virus dans notre pays ne le savent pas et ils n'ont pas accès au traitement et continuent malheureusement à transmettre la maladie et seulement 30% des personnes atteintes de VIH le savent, ce qui fait que nous observons encore des diagnostics tardifs et des dépistages insuffisants.

Selon les données sur la répartition géographique, 25% des personnes atteintes par cette maladie se trouvent dans la région de Souss, suivie par la région de Marrakech-Al Haouz, avec 21% de cas, et la région de Casablanca-Settat avec 20% de malades.

Dans notre pays, la maladie s'est féminisée, puisque plus de 51% des cas sont de sexe féminin. Ce chiffre ne représentait que 8 % dans les années 1980. Et selon les statistiques, 75% des femmes sont infectées par leur conjoint.

C'est l'insuffisance du dépistage qui pose le plus problème aussi bien pour le ministère de la Santé que pour des associations malgré l'organisation de grandes campagnes de dépistage. Il faut l'avouer, le Maroc est encore loin pour réaliser la vision du plan stratégique de lutte contre le sida 2012-2016 de l'Onusida : "zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié au sida".

La situation est encore inquiétante, il faut qu'on arrive à un taux de dépistage de 90% si on veut éradiquer l'infection au VIH. Pour pallier ce manque, les associations de lutte contre le sida proposent la mise en place d'un nouvel instrument pour que les tests soient effectués par les volontaires des associations et pas seulement que par les médecins.


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Un matin printanier du19 mars 1907, le docteur Emile Mauchamp, médecin, fut intercepté à Marrakech tout près du dispensaire où il soignait des enfants par une foule de Marocains puis horriblement poignardé et lapidé avant d'être assassiné. Les tueurs ne se rendaient pas compte que cet incident, qui est apparu isolé, constituera un tournant dans l'histoire contemporaine du Maroc.

Beaucoup de Marocains ignorent les origines et les dimensions de ce «crime historique» qui fut le prétexte choisi par la France pour occuper le territoire marocain. Qui est Emile Mauchamp ? : Émile Mauchamp est le fils d’un conseiller général de Chalon-sur-Saône. Après des études au collège, il étudie la médecine à Paris. Il soutient sa thèse (sur l'allaitement artificiel du nourrisson) en 1898, obtient deux prix de la Faculté et est nommé médecin-aide major de réserve en 1899. Il aime les voyages et pour satisfaire ses goûts il entre dans le cadre des " médecins sanitaires maritimes ". À ce titre il étudie diverses épidémies telles celles de la peste à Porto et au Brésil (1899), celle du typhus, en Grèce. Il exerce dans de nombreux pays : Portugal, Brésil, Italie, Grèce, Russie, ainsi que dans l’actuelle Turquie. Après un passage à Jérusalem, il est nommé au Maroc par décret du ministère des Affaires étrangères, pour y diriger un dispensaire créé en 1905 à Marrakech. Un siècle plus tard, on ne sait toujours pas pourquoi il a été tué. Certains prétendent qu'il avait des activités d'agent secret. Mais ce ne sont que des suppositions, car les archives concernant cette affaire et qui sont conservées au ministère de la Guerre ne peuvent toujours pas être consultées. Toujours est-il qu'Emile Mauchamp, lui qui n'était apparemment qu'un petit médecin, eut droit à des funérailles nationales et qu'on lui décerna la Légion d'Honneur à titre posthume en France.

Documents et souvenirs anciens :

 Nous lisons dans le Petit Journal illustré du 7 Avril 1907 avec le grand titre "Le docteur Mauchamp, médecin du dispensaire de Marrakech, lapidé par les indigènes" : » La campagne menée au Maroc contre l'influence française continue à porter ses fruits. Un jeune savant français, un homme qui pourtant eût dû commander le respect et la reconnaissance, car il répandait les bienfaits autour de lui, le docteur Mauchamp, médecin du dispensaire de Marrakech, vient d'être la victime d'une troupe de misérables fanatiques. A peine de retour à Marrakech, le voici assassiné. Il avait été déjà, il y a six mois, victime d' une tentative criminelle de la part de Marocains fanatisés. Mais il avait pu mettre en fuite, à coups de revolver, les bandits qui voulaient l'assassiner. Il y avait donc un grand courage de sa part à retourner dans ce pays où il avait failli, une première fois, perdre la vie. Il est réellement mort en héros. » Le docteur Mauchamp a-t-il eu des activités d’agent secret? Une partie de la population Marrakchie, sans doute manipulée, semble l’avoir accusé de « visées chrétiennes, sournoises et néfastes ». Il est certain que la France, comme d’autres puissances européennes (l’Allemagne en particulier), cherchait alors à prendre pied au Maroc.

 Mauchamp a-t-il eu des activités d’agent secret?

Dans le détail de cette affaire, selon des notes du Docteur Maxime Rousselle, ex-médecin de la santé publique au Maroc, en 1905, le ministère des Affaires Etrangères décide la création de dispensaires d'assistance médicale au Maroc, dans les ports et quelques grandes villes. Mauchamp est désigné pour celui de Marrakech. Il arrive dans cette ville le 28 octobre 1905, admiratif, "par un beau soleil couchant qui nous fait traverser l'immense palmeraie dans une apothéose de féerie, mais horrifié par les têtes des vaincus qui pendent comme oignons qui sèchent au soleil aux créneaux des portes et des remparts." Il est mal accueilli et personne ne veut le loger. Il est injurié dans la rue. On veut le contraindre à s'habiller à la marocaine et quand il demande un serviteur, on lui rétorque qu'il n'a qu'à aller au marché aux esclaves. Pourtant, dès qu'il. ouvre ses caisses de médicaments, dans la rue, les résistances tombent et, un mois plus tard, il note qu'il a déjà plus de quarante consultants par jour. Il loge alors dans une maison située en médina au fond d'une impasse (un derb) qui appartient au docteur Linarés. C'est là qu'il fait ses consultations et ses interventions chirurgicales, d'abord sur des notables de la ville, plus ouverts que le pauvre peuple. En 1906 le typhus apparaît, tuant cinq mille personnes, auquel se rajoute la famine. Mauchamp, sur ses propres deniers, distribue lui-même une soupe aux malheureux. Il gagne rapidement une réputation de savant et de bienfaiteur, mais c'est compter sans les sournoises manœuvres des Allemands qui tentent par tous les moyens de s'opposer à la pénétration française. En particulier un certain docteur Holtzmann (Un faux médecin juif dont Mauchamp avait démasqué l'imposture) qui fait courir le bruit que les médecins français font prendre "aux malades des drogues qui les guérissent momentanément mais les tuent sûrement quelques années plus tard.". Mauchamp aurait pu facilement réfuter ces allégations, mais il n'en a cure et ne se rend pas compte du danger. Il étudie les pratiques de sorcellerie dont il se plaint amèrement. S'il est bien en cour auprès du frère et khalifat du sultan, Moulay Abdelhafid qui lui offre même un magnifique cheval avec une selle marocaine brodée d'or et d'argent en remerciements de ses soins, il est en guerre ouverte avec le pacha de la ville, El Ouarzazi, personnage xénophobe et, de plus, jaloux de Moulay Abdelhafid. Holtzmann a beaucoup d'influence dans le peuple car il s'est converti à l'Islam, a épousé une fille du pays. Il fait répandre le bruit que Mauchamp "n'est pas un médecin mais un espion envoyé pour préparer l'arrivée des troupes françaises au Maroc". Mauchamp n'en tient pas compte et tout le monde s'accorde pour dire que son dédain à braver l'opinion et les susceptibilités populaires frise l'inconscience. Attaqué un jour par une bande de fanatiques du marabout Ma el Aïnine, il est obligé de faire feu pour se dégager ... Fin 1906, il vient en France et profite de son séjour à Paris pour demander que le dispensaire soit érigé en hôpital et qu'on lui accorde un médecin-adjoint, de préférence ophtalmologiste. Les Affaires Etrangères font la sourde oreille. Furieux, Mauchamp s'en prend à la Légation de France "On joue au polo à Tanger, alors qu'il s'agit de l'influence de la France et que je suis là pour ça !" Il se sent abandonné et démuni et revient à Marrakech le 1er mars 1907 accompagné du géologue Louis Gentil (Celui-ci devait devenir le " découvreur " des phosphates au Maroc.) apportant des cadeaux pour Moulay Abdelhafid.

Quelques jours plus tard, le 19 mars, Mauchamp installe sur sa terrasse un roseau avec un chiffon blanc pour signaler à Louis Gentil sa présence au dispensaire. Ce signal est l'occasion pour Holtzmann d'exciter la populace qui s'attroupe devant le dispensaire, faisant passer cet innocent signal pour une antenne de cette invention diabolique qu'est la T.S.F. Le pacha convoque le médecin, mais ne le défend pas, et c'est au retour de cette entrevue que la foule étant devenue très dense, compacte et hostile, Mauchamp est assailli, lapidé puis poignardé de trente-cinq coups de couteau, tandis que les femmes du haut des terrasses excitent la foule de leurs you-you . Les émeutiers pillent la maison de Maucharnp. Louis Gentil, lui aussi, est menacé et ne doit son salut qu'en se barricadant dans sa maison et sur l'intervention de Moulay Abdehafid qui envoie ses troupes pour protéger tous les Européens et les évacuer, en pleine nuit vers la côte. Plus tard, dans le dispensaire, on avait placé sur la cheminée du bureau un buste du médecin : il avait de fines moustaches en croc, de petits yeux vifs et décidés, les cheveux assez clairsemés avec une raie à droite. La convention de Fès : le protectorat français au Maroc La France demande aussitôt réparation pour cet assassinat et en gage fait occuper la ville d'Oujda le 27 mars, par l'armée d'Algérie sous les ordres du général Lyautey. Cette occupation, qui devait être temporaire, devint définitive après les graves événements du mois d'août et le débarquement des troupes françaises à Casablanca. Afin d'éviter de nouveaux incidents, le corps de Mauchamp sera transporté à dos de chameau, vers Mazagan et embarqué sur le croiseur Lalande qui, via Tanger, le rapatriera en France où il sera inhumé dans sa ville natale. Le ministre des Affaires Etrangères, en personne, vint à la cérémonie et décerna, à titre posthume, la Légion d'Honneur à Mauchamp. Le docteur Guichard alors titulaire du poste du dispensaire de Mazagan lui succédera à Marrakech, en 1910. Mauchamp a laissé le souvenir d'un médecin dévoué à ses malades et curieux du milieu marocain, n'en déplaise à certains qui, critiquant son étude sur la sorcellerie au Maroc, osent écrire: " le Dr. Mauchamp, type extrême et caricatural de ces condottiere républicains, forcené fanatique de la libre pensée, exaspéré par tout l'inconnaissable du Maghreb, prétendait faire l'autopsie morale de la société marocaine dans son enquête sur la sorcellerie au Maroc ". Cet auteur semble ignorer le Maroc profond encore actuel où le couscous roulé dans la main d'un mort, le mélange de sang d'une victime assassinée avec du cerveau de rat ... entrent encore dans les sortilèges (expérience personnelle 1950­1975, alors à plus forte raison au début du siècle). En 1908 un nouveau consul de France est nommé à Mogador, M. Kouri, arabisant d'origine syrienne. Il a pour mission entre autres, d'enquêter sur l'assassinat de Mauchamp. Hélas ses recherches n'aboutiront jamais. Après l'assassinat de Mauchamp, la ville d'Oujda fut occupée le 29 mars 1907 sous le prétexte d'insécurité. Le 5 août 1907, Casablanca fut bombardée, prélude à la campagne de la Chaouia. Moulay Hafid fut proclamé Sultan le 16 août 1907 à Marrakech. Le 30 mars 1912, le traité du protectorat fut signé à Fès.


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Mesdames, faites attention à ce que vous mettez sur vos yeux. Le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) alerte le public sur les risques liés à l'usage khôl. Ce produit de beauté traditionnel qui embellit le regard des Marocaines depuis des siècles.

En effet, une étude menée par le CAPM sur plusieurs échantillons de khôl vendus au Maroc a montré que le plomb était présent dans tous les échantillons. Sur trois variétés de khôl étudiées, les concentrations variaient de 2% par gramme de khôl très noir à 70% par gramme de khôl gris. Etant donné qu’aujourd’hui on ne peut maîtriser ni la composition ni la fabrication du khôl circulant sur le marché marocain, le CAPM recommande l’éviction du khôl traditionnel.

Le khôl est produit cosmétique utilisé pour maquiller les yeux. Il est un des produits de beauté les plus anciens. Deux mille ans avant JC, les femmes égyptiennes embellissaient le contour de leurs yeux avec du sulfure d’antimoine.

Le principe actif de ce produit était du sulfure d’antimoine ou stibine, minéral extrait des roches montagneuses que l’on chauffait fortement avant de le broyer et de l’incorporer à diverses substances selon les régions. Les gisements d’antimoine n’étant plus répandus, ce minéral a été substitué par le sulfure de plomb dans les préparations du khôl.

Aujourd’hui, le khôl, au Maroc, contient un peu de tout! En plus du plomb, on y trouve les cendres de chiffons, les noyaux de dattes et d'olives broyés, du poivre, du charbon.... Tout ce qui peut donner la couleur noire très sombre est utilisé sans scrupule pour fabriquer du khôl. Selon Le plomb se trouvant dans le khôl peut être absorbé essentiellement par voie orale lorsque le "miroued" est imbibé de salive et éventuellement par le canal lacrymal. Le plomb s'accumulera forcément dans le sang. Lorsqu'il est utilisé chez des nourrissons ou en remède aux plaies de l'ombilic, le plomb peut provoquer le saturnisme et donc avoir des conséquences irréversibles sur leur système nerveux.

L'absorption de plomb dans le sang, même en très petites quantités, peut nuire au développement intellectuel et comportemental des jeunes enfants. L’utilisation du khôl contenant du plomb peut donc exposer les utilisatrices et leur famille à des intoxications chroniques par le plomb.

Il est à signaler que les USA et le Canada ont interdit toute présence de plomb dans les cosmétiques, le khôl ne peut plus ni y être vendu ni, de fait, importé.

Les symptômes d’intoxication par le plomb sont :

  • Nausées, vomissements, diarrhées/constipation, maux de tête
  • Apparition d’un goût métallique dans la cavité buccale.
  • Douleurs abdominales (dites « coliques de plomb ») ;
  • Troubles neurologiques, , fatigue et comportement léthargique ou au contraire hyperactivité ;
  • Irritabilité
  • Insomnie ;
  • Retard de développement mental chez l’enfant, avec séquelles irréversibles si l’intoxication a concerné l’embryon, le fœtus ou le jeune enfant ;
  • Troubles psychomoteurs
  • Anémie
  • Dysfonctionnement des reins ;
  • Hypertension artérielle ;
  • Stérilité masculine ;
  • Perte auditive ;
  • Hyperuricémie
  • Cancers (induit par certaines formes chimiques du plomb);
  • Coma puis mort, généralement provoquée par une encéphalite.

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Le taux de consanguinité dépasse les 15% au Maroc selon une étude du département de génétique médicale de l'Institut national d'hygiène. Ce chiffre place le Maroc parmi les pays à taux assez élevé. C'est notamment le cas de l'Algérie qui affiche un taux allant de 22 à 25%, le Liban (25%) ou encore la Tunisie et l'Arabie Saoudite (51,3%).

La consanguinité est à l'origine de plusieurs maladies génétiques, telles que les malformations cardiaques, cérébrales et d'autres maladies génétiques sans compter les problèmes neurologiques auxquels sont souvent exposés les enfants.

Selon plusieurs études, les mariages consanguins intimes (entre cousins germains) chez les Marocains semblent être étroitement lié au statut socio-économique et culturel des populations. Ce comportement fait encore partie des modèles familiaux les plus contractés.

Ces études ont montré que si les mariages consanguins intimes au Maroc ont tendance à régresser, c'est pour se muer en faveur d'une croissance de la fréquence des mariages consanguins entre apparentés plus ou moins lointains.

Chez nous la gravité des maladies développées liées à la consanguinité est très ignorée pendant les dernières années où l'homme et la femme ont eu quand même à observer une certaine évolution, mais le sujet demeure souvent tabou vu le respect des traditions

Les familles confrontées à ce problème vivent dans de grandes souffrances familiales. Plusieurs paramètres contribuent à cette souffrance. Les généticiens marocains sont peu nombreux dans le pays. Le dépistage prénatal reste difficile d'accès au Maroc. Trop chers, parfois non disponibles dans le pays, les tests génétiques ne sont pas inclus dans la nomenclature de l'assurance maladie.

De plus même si le diagnostic prénatal confirme une anomalie, l'avortement est strictement interdit par la loi marocaine, même en cas de malformation grave du fœtus. Seule l'interruption de grossesse en cas de danger pour la santé de la mère est légale.

Selon le professeur Abdelaziz Sefiani, responsable du département de génétique médicale à l'INH, à Rabat, Si la maladie a déjà été déclarée dans la famille, nous proposons au couple un test pour savoir s'il est porteur du gène en question, la science donne donc la possibilité de passer d'un risque de 25 % à une certitude que l'enfant contractera ou non la maladie.

Il est à signaler que pendant longtemps, des familles entières, dont les plus célèbres sont la dynastie des Habsbourg, ont été frappées par une fréquence supérieure à la moyenne de problèmes génétiques en raison de leurs mariages consanguins. Dans l'histoire, les unions consanguines sont probablement à l'origine de l'extinction de la dynastie Habsbourg, qui a régné sur l'Espagne pendant 174 ans, selon une étude scientifique espagnole.


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Le centre hospitalier universitaire (CHU) Ibn Rochd de Casablanca vient de  réaliser une greffe rénale au profit d’un patient Africain.

C’est une équipe marocaine multidisciplinaire de cet hôpital qui a réalisé cette opération au profit d’un patient originaire du Congo-Brazzaville, âgé de 38 ans.

 L’opération qui s’est déroulée avec succès, a été réalisée à partir d’un donneur vivant âgé de 28 ans (le frère du patient).

Selon le professeur Youness Ramdani, chef de service de néphrologie au CHU Ibn Rochd, cette greffe est considérée comme la première transplantation rénale au profit d’un ressortissant africain réalisée au Maroc. Selon lui, cette démarche s'inscrit dans le cadre de la mise en application de  la coopération entre le Maroc et les pays africains dans le domaine de la santé.

Selon les responsables du  service de néphrologie du CHU Ibn Rochd, cette transplantation s’est déroulée dans de très bonnes conditions, soulignant que la situation sanitaire du patient s’est améliorée de façon significative, ainsi que celle de son frère donateur.

Le Maroc est aujourd’hui une destination médicale de référence pour les pays d’Afrique. Un nombre croissant d’africains choisissent de se faire soigner dans notre pays.


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