Maroc

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Le médecin écoute les histoires, l'écrivain les raconte. Mohammed Zaari Jabiri est médecin, il est également écrivain.

Ce médecin-écrivain Marocain transforme tout ce qu'il entend, ce qu'il voit et ce qu'il ressent en parodie et jonglerie verbale sans aucun ménagement. N'est-ce pas que, comme dirait Marc Zafran , médecin-écrivain et fils de médecin, la médecine nourrit l'écriture, et toute expérience nourrit l’écriture, la médecine est un métier à temps plein dans la tête.

L'expérience que nous avons bien suivi de Mohammed Zaari Jabiri dans " les chroniques d'un Neurochirurgien schizophrène", s'est transformée en recueil qui est sorti au Canada, en France, au Maghreb et au Liba. "Les chroniques d'un neurochirurgien schizophrène: la voix des sans voix dans un système de santé à deux vitesses” est édité par l'édition Presses Inter Universitaires. Le recueil relate les histoires vraies de patients qu'il a rencontrés dans un pays nommé «le plus beau pays au monde».

Le métier d'écrivain, notamment un médecin-écrivain, « n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » (Albert Londres). La souffrance a besoin d’être dite, partagée. Elle est bien dite et partagée dans " les chroniques d'un Neurochirurgien schizophrène". La relation du médecin-écrivain avec son propre vécu est vivante, libre et sans ménagement. Un travail de mise en mots de son propre vécu sur des émotions, sur la profondeur de la souffrance de l'autre complétée par une mise en scène . Et quand le vécu personnel s’élabore, il devient œuvre d’art, car la signification d’un vécu douloureux ne réside pas dans le fait qu’on souffre mais dans « comment » on souffre. Ce recueil nous met en scène comment on " souffre ", pour ne pas oublier la tragédie des patients et la souffrance dans nos hôpitaux .

Dr Mohammed Zaari Jabiri est un médecin humaniste résidant en psychiatrie à l'Université Laval (Québec), mais qui a aussi étudié à la Faculté de médecine de l'université Paris Descartes en France. Auteur de plusieurs articles parus dans la presse écrite nationale et internationale sur divers sujets d'actualités, il est connu pour son franc-parler. Depuis10 ans, Dr Mohammed Zaari Jabiri se consacre à des activités humanitaires pour venir en aide aux patients et défendre leurs droits. Très tôt, il a fait de la sensibilisation médicale son cheval de bataille en Afrique du Nord.

Il est également l'auteur et le présentateur d'une émission de télévision de vulgarisation médicale diffusée en Afrique du Nord. À travers ces histoires , Mohammed Zaari Jabiri tient à rendre hommage à tous ceux et celles qui luttent pour leur survie dans des conditions difficiles et qui s'accrochent aux belles valeurs humaines. Dr Mohammed Zaari Jabiri a décidé de remettre en grande partie les redevances de ce livre pour qu’elles soient utilisées à des fins humanitaires afin d’honorer les personnes vulnérables. 

" Les chroniques d'un Neurochirurgien schizophrène" est un " warning" " réservé à un public majeur averti et pouvant contenir des scènes et des paroles choquantes et  toute ressemblance avec des événements ou des personnages de la vie réelle ne peut être que pur hasard ".

Un très beau recueil que pharmapresse vous conseille vivement.

Extrait des " chroniques d'un Neurochirurgien schizophrène".

LES GUERRIERS DE L’AU-DELÀ

Les soins palliatifs sont le seul endroit où la mort sort déçue d’une bataille qu’elle a gagnée, car face à elle se dressent des êtres armés de courage et de dignité se livrant à elle la tête haute

La mort. Nous y faisons face tout le temps. Chaque jour qui passe est une bataille gagnée dans une guerre perdue d’avance, je me suis toujours considéré comme un acrobate à force d’escalader l’arbre de la vie, à forcer d’esquiver ses coups et de rebondir sur mes déboires.

Je n’ai jamais pensé à la mort, je l’ignorais souvent comme si elle n’existait pas. Je ne me suis jamais préparé à l’affronter. Je la voyais sévir, prendre certains de mes patients, de mes proches, je me suis habitué à la côtoyer, mais jamais de près, toujours gardant mes distances avec elle, je ne me suis jamais rapproché d’elle, ne serait-ce que pour la comprendre, l’amadouer, espérant avoir ses faveurs et retarder l’inévitable.

Je l’avoue, au fond de moi, comme nous tous, j’ai peur de lui faire face, je panique à l’idée qu’elle me surprenne alors que je ne suis pas prêt, mais que veut dire être prêt ? C’est relatif, je suppose…

Durant nos études, on est amené en tant que médecin à faire plusieurs stages dans des milieux différents afin de parfaire notre formation. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé pour la première fois en stage de soins palliatifs.

J’en avais déjà entendu parler, mais je ne savais pas ce que c’était jusqu’à la semaine dernière quand j’ai commencé mon stage dans l’un des endroits les plus beaux et magnifiques que j’aie jamais foulé, un endroit où l’être humain est valorisé et respecté, un endroit où la dignité humaine est la principale préoccupation des gens qui y travaillent. Un endroit qui permet de terminer sa vie dans le respect de sa personne. Les patients ont tous un pronostic de vie de deux mois. Ils savent tous que leur vie ne dépassera pas soixante jours.

Tous ont perdu la bataille contre le cancer, eux et leurs proches ont rendu les armes contre cet ennemi appelé la mort, tous courageux, les uns comme les autres, affrontant cette dernière bataille avec sérénité et dignité.

TOUT PETIT

Moi, le lâche schizophrène mélancolique, je me sentais tout petit devant ces guerriers de l’au-delà, je me sentais tout petit devant ce magnifique personnel médical qui veillait jour et nuit au confort de ces gens-là afin qu’ils puissent partir en paix. Chaque jour de cette semaine, j’ai senti l’insignifiance de mon existence face au vécu de ces patients, des patients bouffés par le cancer et les métastases, des patients acceptant leur sort. Ils ont ainsi gagné leur dernière bataille face à la mort, car ils ont dépassé la peur qui nous guette tous face à ce genre de situation.

En entrant hier, moi, Roméo, dans la chambre de ma dernière patiente, Juliette, je l’ai vu dans son lit, cachectique, pâle, sous oxygène, tête déplumée ornée d’un bandana bleu, mais plus belle pour moi que toutes les mannequins du monde réunies. Je la vois, fatiguée, esquintée, les yeux creux, regardant droit devant, comme si au loin, à midi, elle apercevait l’ennemi, et à ma grande surprise, tournant doucement sa tête vers moi, elle me fait signe de tenir sa main et me lance de sa petite voix à peine audible et essoufflée : comment vous allez, docteur ? Mais, ma Juliette, je lui réponds, c’est à moi de vous demander ça. Est-ce que vous voulez plus de morphine ? D’anti nauséeux ? D’oxygène ? Qu’est-ce qui pourrait vous rendre plus confortable ?

Vous savez, docteur, vous ne pouvez plus rien pour moi, j’ai vécu mon temps, j’ai aimé, j’ai voyagé, j’ai appris, j’ai profité pleinement de la vie, et là, maintenant, je sais où je vais et je l’accepte… et vous ? Moi ! Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Est-ce que vous savez où vous allez ?…

Je n’ai pu lui répondre à ce moment-là, j’ai été pris de court, j’ai choisi alors d’esquiver, de ne pas répondre, sachant que je pouvais dire n’importe quoi. Ma Julienne venait de me donner une bonne gifle. Je suis sorti de sa chambre d’un pas militaire, j’ai posé mon stéthoscope, j’ai pris mon sac à dos et je suis rentré chez moi. Ce soir-là, moi, Roméo, je n’ai pu m’empêcher de penser à ma Juliette, je ne sais pas si je la reverrai lundi, sa phrase résonne encore dans mon esprit : est-ce que tu sais où tu vas ?… En tout cas, je l’espère.

SEMBLANT D’HUMANISME

Les soins palliatifs, institution essentielle dans tout système de santé qui se respecte et qui valorise la dignité humaine. Les soins palliatifs sont le seul endroit où la mort sort déçue d’une bataille qu’elle a gagnée, car face à elle se dressent des guerriers armés de courage et de dignité se livrant à elle la tête haute.

Face à la mort, on est seul, on est faible, désarmé

Les soins palliatifs nous permettent de garder, nous, homo sapiens, un semblant d’humanisme, dans une société aliénée et dénuée de sensibilité vis-à-vis de la faiblesse. Une société qui ne prend pas soin des plus faibles de ses membres est indigne. C’est une société vouée à l’échec, comme on dit.

Ce matin-là, assis sur mon lit, le menton appuyé sur les genoux et les jambes enlacées de mes bras, je me mis à penser à toutes les Juliette et à tous les Roméo que j’ai suivis cette semaine à l’hôpital et qui bénéficient de soins leur permettant de partir dignement et en paix. Mais je n’ai pu m’empêcher de penser à tous ceux qui souffrent derrière des portes fermées, les patients ou leur famille. Pour vous tous, je pleure des larmes de sang et je vous demande d’excuser notre manque d’humanisme.


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Malgré les mesures préventives mises en place par l’Etat Marocain, la leishmaniose cutanée est difficile à éradiquer.

En effet, selon des sources médiatiques, 356 cas de leishmaniose cutanée ont été observés dans la région de Marrakech, en particulier la ville d’Imintanout.

Les quartiers les plus touchés sont Izourane, Tazourte, Tagadirte, la Casba et Aflantlate. Les cas les plus graves ont été enregistrés dans les quartiers d’Izourane et la Casba qui sont à proximité de la décharge d'ordures ménagères et abritent beaucoup d’étable car cette ville à vocation rurale.

Il est à noter que les premiers cas de leishmaniose cutanée dans la ville d’Imintanout sont apparus en 1999.

Selon les statistiques du  ministère de la santé, le nombre de cas de Leishmaniose cutanée enregistré diminue d'année en année. Au niveau national, le chiffre est passé de 6400 cas en 2010 à 700 cas en 2015. 

Il y a trois types de leishmanioses: les leishmanioses viscérales ou Kala-azar, mortelles en l’absence de traitement ; les leishmanioses cutanées, localisées ou diffuses et les leishmanioses cutanéomuqueuses.

Les leishmanioses représentent un problème de santé publique au Maroc, non seulement à cause du nombre de cas enregistrés chaque année, mais aussi à cause de la large répartition de la maladie sur le territoire marocain, la diversité des espèces de leishmanies et la diversité des formes cliniques; ainsi que les facteurs climatiques, environnementales et socio- économiques ayant un impact sur la propagation de la maladie.

Au Maroc, la Leishmaniose cutanée se présente généralement sous trois formes cliniques :

  • La Leishmaniose cutanée zoonotique (LCZ), dite aussi rurale ou humide causée par L. major occupe le Sud et le Sud-Est .
  • La Leishmaniose cutanée anthroponotique (LCA), dite aussi urbaine ou sèche due à L. tropica occupe le Nord-Ouest et le centre.
  • Une forme rare de la Leishmaniose cutanée dite sporadique due à L. infantum est surtout localisée à l’extrême Nord et au Rif

Entre 1990 et 2010, 50 208 cas de LC ont été´ recenses ; 34 818 cas étaient dus a L. major (soit 69,4 %) et 15 390 a` L. tropica (soit 30,6 %).

Au cours des vingt dernies années, une recrudescence du nombre de cas de LC a été´ observée au Maroc ainsi que dans de nombreux pays, particulièrement au Maghreb (Tunisie) et au Moyen-Orient. Le Maroc demeure néanmoins moins touche´ que l’Algérie voisine.


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De nos jours, les erreurs médicales sont plus nombreuses. Démographie galopante, maladies plus nombreuses, les molécules aussi, l’approche diagnostic et thérapeutique évolue sans cesse, beaucoup de progrès réalisés en médecine, haute technologie…etc. Dans ce contexte de pratiques médicales de plus en plus interventionnistes, il est inévitable que le risque d'accident médical soit accru.

Au Maroc la législation en terme erreurs médicales demeure floue, eu égard au progrès scientifique enregistré dans le domaine médical. La responsabilité de l’erreur médicale reste difficile à déterminer, car ignorée par la législation marocaine qui, à la différence des législations d’autres pays, l’a reléguée au domaine des règles de conduite relatives à la responsabilité civile.

C’est dans ce contexte que le collectif national de défense du patient, de la médecine et des métiers de la santé, récemment constitué, a appelé à la révision de la loi encadrant les erreurs médicales.

Le collectif dénonce les dysfonctionnements que connait cette  législation qui menace la relation de confiance qui lie normalement le médecin à ses patients.

Juridiquement parlant, on distingue deux types de fautes: civile et pénale. La faute pénale est assimilée à une faute lourde, dont la base pénale est stipulée dans les articles 432 et 433 du Code pénal relatifs à l’homicide et aux blessures involontaires.

L’Alliance mondiale pour la sécurité des patients (relevant de l’OMS) a établi diverses recommandations pour réduire le risque d’erreur : prescrire des ordonnances électroniques, standardiser les étiquettes des perfusions, faire signer le chirurgien sur le membre à opérer…etc.

Il est à noter que ce collectif est composé d’organismes professionnels de santé, d’organismes des droits de l'homme et des syndicats médicaux:

L’Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH)

La Ligue Marocaine de Défense des Droits de l'Homme (LMDDH)

Le Forum marocain pour la vérité et la justice (FMVJ)

L’association médicale de réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT.)

Le Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL)

L’Association Marocaine des Sciences médicale.

Le Syndicat national de la santé (CDT)

Le Syndicat National de l'Enseignement Supérieur (SNESup-Maroc section Rabat).

Le Collège Syndical National Des Médecins Spécialistes Privés (Csnmsp)

L’Association Nationale Des Cliniques Privée Du Maroc (A.N.C.P).

Le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP).

La Société Marocaine de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (S.M.C.P.R.E).

L'association marocaine pour l'étude de la ménopause (AMEM).

L’Organisation Marocaine d'Ecologie, du Développement et de Solidarité Sociale.


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Au Maroc, la consommation de drogues est un phénomène qui prend de l’ampleur mais dont on parle peu. Un ouvrage intitulé “Drogues, la réalité marocaine” du professeur Mohamed Ben Amar, pharmacien, vient de paraître aux éditions “La Croisée des chemins” pour lever le tabou.

Cet ouvrage traite la réalité des différentes drogues au Maroc, la cocaïne, l'ecstasy, le gamma-hydroxybutyrate (GHB), l'héroïne, le diéthylamide de l'acide lysergique (LSD), l'alcool, l'amphétamine, la caféine, les boissons dites "énergétiques", le cannabis, la cigarette électronique, les médicaments psychotropes, la méthadone, les nouvelles drogues de synthèse, les substances dopantes, les substances volatiles et le tabac.

On trouve pour chacune de ces drogues, son historique, indication, tolérance, dépendance, épidémiologie et législation ainsi que les effets aigus et chroniques et les effets chez la femme enceinte et lors de l'allaitement.

Si le Maroc se situe dans la moyenne de la consommation mondiale, le nombre d’usagers de drogues est en constante augmentation, notamment chez les adolescents. Selon une étude récemment effectuée par l’Observatoire national des drogues, la prévalence de la consommation de drogues, toutes substances confondues, et de la dépendance auprès de la population âgée de plus de 17 ans s’élève à 4,2%. Cela signifie qu’au Maroc, près de 800 000 personnes seraient addicts aux substances illicites. Et c’est sans compter le nombre de consommateurs occasionnels.

L’auteur, Mohamed Ben Amar, est un pharmacien, spécialisé en biologie clinique et en pharmacologie. Il est diplômé de l'Université Paul Sabatier à Toulouse (France).

Mohamed Ben Amar est professeur de pharmacologie et toxicologie à l'Université de Montréal depuis 1980 et chercheur au Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CHU) depuis 1979. Il également auteur ou co-auteur de 22 livres, 89 publications, 52 communications scientifiques


Maroc

Une note urgente a été adressée par la cour des comptes au ministre de la santé, Houcine El Ouardi, au sujet de la mauvaise gestion des centres d'hémodialyse.

Cette note révèle de graves dysfonctionnements dans ce secteur hors de contrôle et qui génère des milliards de centimes qui vont dans les poches de quelques médecins et enseignants qui monopolisent les activités et les marchés relatifs aux centres d'hémodialyse de toutes les villes du Maroc.

En effet, la cour des comptes reproche au ministère de la santé le manque de concurrence réelle dans les marchés d’hémodialyse. Des délégations provinciales de santé concluent annuellement des marchés par appels d’offres ouverts auxquels ne participe qu’un seul candidat représentant un groupement de centres de dialyse. Selon la Cour, cette absence de concurrence désavantage économiquement la gestion du service public.

La note révèle que la liste des bénéficiaires des séances d’hémodialyse mensuelle n’est pas contrôlée systématiquement par le ministère de la santé. Encore plus grave, selon la cour, le titulaire du marché facture des séances aux noms de malades absents, décédés ou ayant changé de centre. D’autres dysfonctionnements révèlent qu’aucun responsable n’est désigné par la délégation du ministère de la santé pour le suivi et le contrôle des centres d’hémodialyse comme le prévoit le cahier des charges et que les paiements sont effectués sur la base des factures présentées par le titulaire du marché sans que la direction du ministère de la santé s’assure, à l’avance, de la réalité des prestations facturées.

Plus encore, les rapports d’audit prévus pour ces marchés et dont les montants dépassent les 5 millions de dirhams ne sont pas réalisés conformément aux  dispositions de l’article 92 du décret relatif aux marchés publics.

Les enjeux financiers liés à l’hémodialyse sont importants: les crédits alloués ont connu une augmentation de 317%, passant de 60 millions de dirhams en 2009 à 250 millions en 2016. Ces centres d'hémodialyse assurent des prestations au profit de 25 milles malades atteints d’insuffisance rénale chronique terminale.

Il est à noter que les marchés relatifs aux centres d'hémodialyse sont  conclus dans le cadre d'un partenariat avec le secteur privé signé en 2012 entre le ministère de la Santé et des néphrologues marocains.


Maroc

Dans le cadre de l’opération « Riaya 2016 » pour le renforcement de la couverture sanitaire et en application des instructions Royales, visant à porter assistance aux habitants des régions affectées par la vague de froid ;  le Secrétaire Général du Ministère de la Santé, Dr. Abdelali Belghiti Alaoui et le Gouverneur de la province de Chefchaouen  M. Ismail Abou El Houkouk ont lancé, jeudi 29 décembre 2016, la caravane médicale multidisciplinaire, qui a duré du 26 au 31 décembre 2016 au profit des habitants de la région de Bab Berred, à la province de Chefchaouen. Ils étaient accompagnés des Directeurs Centraux du Ministère de la Santé ainsi que le Directeur Régional de santé à la région Tanger-Tetouan-El Houceima et le Délégué du Ministère de la santé à la province de Chefchaouen.

Cette campagne médicale, organisée en partenariat avec l’association marocaine médicale de solidarité (AMMS) et l’association des médecins du secteur public de Tetouan, a ciblé plus de 9000 hommes et femmes.

Les habitants de la région ont pu bénéficier de consultations médicales, d’investigations échographiques et radiologiques, réalisations d’ECG, dépistage du VIH, opérations de la cataracte, analyses biologiques, séances d'éducation sanitaire et de sensibilisation dans le domaine de la santé bucco-dentaire, détection précoce du cancer du sein et enfin de traitements médicamenteux.

Source : Ministère de la santé


Maroc

La drépanocytose, parfois appelée anémie à cellules falciformes, est une affection héréditaire caractérisée par une anomalie au niveau de l'hémoglobine, un des composants des globules rouges. Ces globules rouges anormaux bouchent les petits vaisseaux sanguins, entraînant des douleurs (surtout au niveau des os), qui peuvent mener à ce qu'on appelle les crises vaso-occlusives. Les globules rouges anormaux sont aussi détruits, entraînant une anémie. Enfin, les patients sont sensibles aux infections. La drépanocytose est aussi appelée anémie falciforme ou anémie SS, ou encore les "hématies".

Plus de 50 millions de personnes sons atteints par cette maladie génétique à travers le monde, mais elle reste pourtant méconnue. Elle se manifeste le plus souvent chez les populations africaines subsahariennes, d'Inde, des Antilles, du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient.

Pour qu’un individu soit malade il faut obligatoirement que le père et la mère soient porteurs de cette hémoglobine « Hb S ». Si les parents de ces enfants ne sont pas malades, on dit alors que ce sont des porteurs sains qui fabriquent à la fois de l’hémoglobine « Hb S », mais également de l’hémoglobine normale « Hb A », en proportion suffisante pour compenser l’effet néfaste de l’hémoglobine « Hb S ». Cependant, ils vont transmettre cette hémoglobine particulière à leurs enfants et à chaque grossesse, ces couples ont un risque sur quatre d’avoir un enfant malade.

Au Maroc, toute l’épidémiologie des hémoglobinopathies reste inconnue. L’OMS estime le taux des porteurs au Maroc à 6,5% ; ce qui laisserait supposer l’existence de 30.000 cas de formes majeures de Thalassémie et drépanocytose au Maroc. Plusieurs études non publiée menée par l’hôpital d’enfant du centre hospitalier universitaires ont montré que le nord–ouest du Maroc est une zone de prédilection des hémoglobinopathies et que la région de Gharb Chrarda Beni Hssein (GCBH), semble la région la plus touchée plus particulièrement au niveau de Kenitra, au niveau de la commune MNASRA qui constitue un foyer riche de thalassémie .


Maroc

Désormais, l'insuffisance rénale au Maroc est devenue un véritable fléau qui ronge la santé des adultes mais aussi des jeunes. Les spécialistes sont unanimes quant à l’aspect alarmant des chiffres récents qui font état d’une avancée sensible.

En l'absence de statistiques très précises, l’insuffisance rénale chronique (IRC) toucherait plus de 3 millions de Marocains dont beaucoup arrivent chaque année au stade terminal, à la fin 2014 de près de 17.000 dialysés dans 200 centres publics et privés, avec 1.200 nouveaux dialysés et aussi près de 400 greffes rénales selon les statistiques de l’Association marocaine de lutte contre les maladies rénales (Reins). Parmi ces 3 millions de marocains malades figurent, bien entendu, des enfants.

Les principales causes de l’insuffisance rénale chronique au Maroc, sont le diabète et l’hypertension artérielle, plus de 50% de la population atteinte de MRC est constituée justement de diabétiques et d’hypertendus. Les pathologies héréditaires ne représentent que 4 % des causes de l’insuffisance rénale chronique terminale. L’insuffisance rénale chronique est aujourd’hui un vrai problème de santé publique du fait de l’augmentation de son incidence et de sa prévalence, elle est surtout coûteuse quand il s’agit d’un malade en stade avancé, ce qui est souvent le cas puisque 30% seulement des personnes atteintes de cette pathologie au Maroc savent qu'ils sont malades. Quand un malade est à un stade avancé, deux options se présentent, à savoir la dialyse ou la greffe. Les deux sont coûteuses.

L’hémodialyse coûte beaucoup plus cher que la greffe. Il faut compter près de 850 DH la séance à raison de 3 séances par semaine, soit 2.550 DH. L’hémodialyse revient à 10.200 DH par mois et 122.400 DH par année. Le coût est un grand fardeau pour les personnes qui n'ont pas de couvertures médicales. Pour les organismes de prévoyance sociale, le coût de l'insuffisance rénale chronique représente une des dépenses les plus importantes. Concernant la greffe, les chiffres ne sont pas encourageants, seulement une cinquantaine de greffes de rein ont été réalisées par les six hôpitaux autorisés à fin 2014.

Ces chiffres corroborent les conclusions du dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le secteur de la santé au Maroc. En effet, le Maroc connaît une transition épidémiologique avec un transfert de la morbidité due aux maladies transmissibles et aux problèmes de la période périnatale vers les maladies non transmissibles (MNT) et les traumatismes. En d’autres termes, les Marocains meurent moins d’une fièvre ou de la tuberculose que d’un cancer, d’une insuffisance rénale ou d’un diabète.

Au Maroc, 75% des causes de décès sont liées aux MNT, un des pourcentages les plus élevés de la région MENA. Les MNT sont caractérisées par leurs lourdes conséquences économiques et sociales et par leur forte dépendance à des facteurs de risques comportementaux et environnementaux, liés au mode de vie, qu’il est possible de prévenir ou de diminuer dans le cadre d’une politique de prévention fondée sur l’éducation à la santé.


Maroc

Des nouveaux cas de Leishmaniose cutanée sont apparus dans la région sud-est du Maroc, notamment dans le douar de Tourouk et les douars avoisinant la commune rurale Malaabe, province d'Errachidia ainsi quedans les douars de la commune rurale Taghzoute N'ait Atta,  province de Tinghir, mais la situation est sous contrôle, selon le directeur général de la Direction de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé.

Le nombre de cas de Leishmaniose cutanée enregistré diminue d'année en année, selon le ministère de la santé. Dans la province d'Er-Rachidia, ce nombre est passé de 4444 cas en 2010 à 200 cas en 2015, et au niveau national, le chiffre est passé de 6400 cas en 2010 à 700 cas en 2015.  

Il y a trois types de leishmanioses: les leishmanioses viscérales ou Kala-azar, mortelles en l’absence de traitement ; les leishmanioses cutanées, localisées ou diffuses et les leishmanioses cutanéomuqueuses.

Les leishmanioses représentent un problème de santé publique au Maroc, non seulement à cause du nombre de cas enregistrés chaque année, mais aussi à cause de la large répartition de la maladie sur le territoire marocain, la diversité des espèces de leishmanies et la diversité des formes cliniques; ainsi que les facteurs climatiques, environnementales et socio- économiques ayant un impact sur la propagation de la maladie.

Au Maroc, la Leishmaniose cutanée se présente généralement sous trois formes cliniques :

  • La Leishmaniose cutanée zoonotique (LCZ), dite aussi rurale ou humide causée par L. major occupe le Sud et le Sud-Est .
  • La Leishmaniose cutanée anthroponotique (LCA), dite aussi urbaine ou sèche due à L. tropica occupe le Nord-Ouest et le centre.
  • Une forme rare de la Leishmaniose cutanée dite sporadique due à L. infantum est surtout localisée à l’extrême Nord et au Rif

Maroc

Lors d’une séance mensuelle sur la politique générale devant la Chambre des représentants et  en réponse à une question sur le secteur de la santé,  le Chef du gouvernement marocain a listé les réalisations dans ce secteur durant son mandat précédent:

1-Renforcement des ressources financières du secteur de la santé, avec un budget de 10,89 milliards de dirhams en 2011 (1 milliard d’euros) à 14,28 milliards de dirhams en 2016 (1,33 milliard d’euros),

2-Renforcement des ressources humaines qui ont bénéficié de 16 317 postes durant la même période

3-Généralisation du Régime d'assistance médicale (Ramed) dont le nombre des bénéficiaires a dépassé 9 millions,

4-Mise en place de la couverture médicale pour les étudiants, entrée en vigueur à la rentrée

2015/2016,

5-Élaboration d'une  loi portant la mise en place de la couverture médicale pour les indépendants.

6-Adoption pour la première fois au Maroc d’une politique du médicament avec :

  • L'actualisation du décret de fixation des prix du médicament,
  • La baisse des prix (de -20% à -80%) de 2 000 médicaments,
  • La hausse du budget dédié à l'acquisition des médicaments qui a atteint 2,4 milliards de dirhams en 2015.
  • L'intégration de 60 nouveaux médicaments pour les maladies chroniques dans la liste des médicaments remboursables et
  • La mise sur le marché d'un médicament générique pour l'hépatite C.

Par ailleurs, M. Benkirane avait souligné qu’en dépit des efforts déployés, le secteur fait encore face à plusieurs défis, notamment :

  • La disponibilité des ressources humaines et matérielles,
  • L’amélioration de la gestion des établissements hospitaliers,
  • La gouvernance,
  • La maitrise du système de la couverture médicale,
  • L’accès aux services médicaux en zones rurales.

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