Maroc : Les syndicats professionnels boycottent le plan Santé 2025

  • 11 sep 2018

  • Par : Mostafa EL HALI

  • Tags : Maroc, sante

La Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), syndicats les plus représentatifs dans le secteur de la santé, ont boycotté la réunion avec le ministre de la santé, prévue lundi dernier, pour présenter les résultats du plan Santé 2025. Ces syndicats ont justifié leur boycott par leur exclusion lors des préparatifs de ce plan. Pour eux, le développement du système de santé est tributaire de la consolidation d’un réel partenariat et d’un dialogue sérieux entre les partenaires et le ministère de la santé.

Les syndicats ont expliqué dans un communiqué conjoint que "le ministère a exclu de la réforme de la santé les partenaires sociaux qui représentent et expriment les préoccupations et les attentes des les professionnels de santé. Ce sont ces partenaires-là, proches des citoyens, qui seront finalement chargés de mettre en œuvre chaque stratégie ou plan du système de santé. L’exclusion des syndicats est une exclusion de ceux qui appliqueront la réforme sur le terrain".

Les syndicats sont surpris par ce plan élaboré par le ministre sans consultation directe. Selon eux, l'approche adoptée par le ministère de la santé est loin de développer une politique nationale de santé issue d'une charte nationale de santé résultant d'un véritable débat national".

Il est à signaler que les différentes associations, la société civile, les usagers, les institutions nationales et internationales, tous sont anonymes sur la même conclusion : le système de santé dans notre pays est dans un "état de mort clinique". Le dernier rapport de la Cour des comptes, avait pointé une série de dysfonctionnements dans la gestion du secteur de la santé au Maroc. Parmi ces dysfonctionnements qui entravent l'offre d'un service de santé publique de qualité, le manque flagrant de personnel, hôpitaux sans spécialistes, des centres de santé en état de délabrement avancé, des rendez-vous de consultation avec des délais d'attente qui augmentent, pouvant aller jusqu'à 7mois dans certains hôpitaux, absence de planifications, problèmes de gouvernance..Ect.

Selon d’autre rapport, les grandes carences de nôtres système de santé se caractérisent par : 

  • Un budget du ministère de la santé qui ne dépasse jamais 5,69% de celui de l’Etat (l’OMS préconise 12%).
  • Des dépenses du ministère de la Santé dans le Budget général de l’Etat représentent 4,1% du BGE alors que l’OMS recommande un taux de 9%. A titre de comparaison, la part budgétaire de la Santé à la même période était de 10,4% en Tunisie, 10,6% en Algérie, 11,6% au Sénégal et 16,3% en Jordanie
  • Plus de 60 % des ménages ont toujours autant de difficultés à se soigner malgré l'adoption de l'AMO (Assurance Maladie Obligatoire de base) et du RAMED (Régime d'Assistance Médicale).
  • Des disparités dans l'accès aux soins ;uUne inégalité flagrante en matière de santé entre les couches de population et elle s’enregistre autant en milieu urbain qu’en milieu rural
  • En termes de corruption, la santé occupe la troisième place juste après la police et la gendarmerie, selon Transparency Maroc (TM).
  • Une pénurie de professionnels de santé (6,1 médecins pour 10 000 habitants, 9 infirmières et sages-femmes, 1,4 dentiste et 2,7 pharmaciens pour ce même nombre) d'habitants. Le Maroc est l’un des 57 pays ayant un déficit aigu au niveau du personnel médical.
  • Vétusté  et éloignement des infrastructures sanitaires ou même leur inexistence dans plusieurs régions du pays.
  • Un système de prévention déficient
  • Un secteur privé mal réglementé