Bébés-éprouvette au Maroc : le projet de loi adopté en commission

Le projet de loi n 47-14, relatif à l'assistance médicale à la procréation (AMP), attendu depuis longtemps, a été adopté la semaine dernière, par la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants.

Ce projet vise à définir le cadre médical d’utilisation des techniques relatives à l'assistance médicale à la procréation et soumettre les institutions concernées à l'obligation d’avoir une autorisation préalable outre la nécessité de l'accréditation des pratiquants.

Le texte de loi comprend cinq axes relatifs notamment à la détermination des principes généraux régissant la procréation médicalement assistée (AMP), la définition des conditions de la pratique des techniques de la procréation médicalement assistée et la fixation des conditions juridiques afférentes à certains actes accomplis sur les gamètes ou les embryons.

Avant, il n'existe pas de loi spécifique pour la fécondation in vitro, la PMA se pratique au Maroc dans le cadre de la loi n° 10-94, relative à l'exercice de la médecine et la loi 12-02 régissant le travail des biologistes , et même si aucune loi ne réglemente le secteur, l’usage de la PMA au Maroc remonte à plus de trente ans. La Société marocaine de fertilité et de contraception (SMFC) a été créée en 1982. La première naissance par FIV a été réalisée en 1991 ! Au Maroc, l’infertilité touche 17% des couples en âge de procréer, il y a entre 3 000 et 3 500 tentatives de fertilisation chaque année au Maroc. Des tentatives qui aboutissent à la naissance de 300 à 400 enfants annuellement. Entre 80 à 90% des PMA prennent la forme de fécondation in vitro.

Au Maroc des centaines de couples Marocains, vivent leur stérilité comme une tragédie médicale et sociale. La stérilité est une cause fréquente de divorce, l'infertilité constitue l'une des crises les plus profondes du couple. Malheureusement il n'existe aucune structure publique au Maroc pour la prise en charge thérapeutique de l'infertilité du couple selon les techniques de la PMA. Par contre il existe plus que 15 centres spécialisés privés (7 à Casablanca, 4 à Rabat, 2 à Agadir et 2 Marrakech) ces centres réalisent en moyenne quelque 2 000 inséminations artificielles par an et environ 1 000 entre F.I.V. et I.C.S.I. On ne pratiquent que trois techniques de P.M.A., dans ces centres à savoir, l'insémination artificielle, la fécondation in vitro (F.I.V.) et transfert d'embryons et enfin l'injection cytoplasmique de sperme (I.C.S.I.), et seuls trois d'entre eux sont outillés pour la congélation de sperme et d'embryons.

La P.M.A coûte cher (entre 25 000 et 30 000 DH) et, donc, n’est pas à la portée de toutes les bourses en plus, ces frais ne sont jamais remboursés par les assurances et c'est injuste car les difficultés d'avoir des enfants, il faut désormais les considérer comme n'importe quelle autre maladie, qui a des effets psychiques, physiques et aussi sociales , il faut une prise en charge totale du couple.

Dans ce cadre, un groupe de 20 personnes souffrantes d’infertilité, ont créé en janvier 2014. Il s’agit de l'Association Marocaine des Aspirants à la Maternité et à la Paternité-(MAPA), diminutif de Maman-Papa, elle a été pensée pour permettre aux gens qui souffrent d’infertilité de sortir de leur souffrance muette, pour que le sujet ne soit plus tabou et pour alerter les décideurs et les personnes concernées. Cette association est un canal pour écouter les couples infertiles et les soutenir. C’est un cadre pour échanger les idées, les expériences et un lieu pour exprimer les douleurs et surtout pour garder de l’espoir pour enfanter.