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Scandale du "Mediator": ouverture du procès sanitaire du siècle

Près de neuf ans après le dépôt des premières plaintes, le procès au pénal du scandale sanitaire du médicament "Mediator"s'est ouvert la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Paris.

Ce procès, qui s'annonce tentaculaire, est considéré comme le plus important scandale sanitaire depuis celui du sang contaminé. Sur le banc des accusés, Servier, fabricant du Mediator. Mais aussi l’Agence du médicament et des experts, parfois payés par le laboratoire.

C’est un procès hors norme. Il va durer six mois. Le dossier d'instruction est constitué de 127 tomes. 4.000 victimes présumées du Mediator, se sont constituées parties civiles et on attend 400 avocats. Sur le banc des accusés vont s'asseoir 7 personnes, car 5 des 12 prévenus en tout sont morts au cours de l'instruction, dont le fondateur lui-même, Jacques Servier; il est décédé en 2014 à l'âge de 92 ans. Ces prévenus travaillaient pour les laboratoires ou dans l'une des neuf filiales, plusieurs membres de l'Agence du médicament sont aussi mis en cause pour des liens avec Servier.

7 chefs d'accusation ont été retenus, particulièrement pour "homicides et blessures involontaires", "tromperie aggravée", "prise illégale d'intérêts", "trafic d'influence"…

Commercialisé en 1976 le Mediator est un médicament initialement autorisé comme adjuvant au régime alimentaire chez les diabétiques en surpoids (il n’a jamais été reconnu comme antidiabétique), et souvent prescrit comme coupe-faim aux personnes en surpoids. En France, ce sont près de cinq millions de personnes qui auraient consommé ce médicament antidiabétique durant 33 ans. Plusieurs estimations circulent au sujet des décès liés au médicament ; on a souvent parlé de 500 à 2 000 morts.

La Cour de Cassation avait reconnu en 2017, dans le volet civil de l'affaire que le benfluorex, principe actif du médicament, induit un risque d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et de valvulopathies.

Il est à noter que le Laboratoire Servier a déjà versé plus de 115 millions d’euros d’indemnisation à près de 3.600 victimes de son médicament lors du volet civil de cette affaire.