Les étudiants en médecine rejettent le "service sanitaire obligatoire".

  • 01 mai 2015

  • Par : pharmapresse

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La déclaration du ministre de la santé lors de la séance des questions orales du mardi 14 avril à la Chambre des conseillers sur le projet d'instauration de l’équivalent médical du service militaire continue de déchaîner les professionnels de santé à travers le pays.

Après la marche nationale et la grève nationale lancées dernièrement par le syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL) contre ce projet, à leur tour, les lauréats et les étudiants médecins refusent le "service sanitaire obligatoire".

En effet, les étudiants de la Faculté de médecine de Rabat ont organisé, ce mercredi 20 Mai, une grande manifestation devant le ministère de la santé  pour protester contre cette loi. Les étudiants rejettent complètement ce projet. Pour l’alliance des lauréats de la faculté des médecins, les diplômés des écoles de médecine et les étudiants au Maroc refusent cette décision et la considèrent comme une manipulation à des fins politiques et électoralistes.

Pour le syndicat national des médecins du secteur libéral, à travers ce projet, le ministre de la santé laisse entendre que le médecin ne s'acquitte pas de ses obligations professionnelles et qu'il refuse d'exercer dans les zones urbaines alors que la majorité des médecins du secteur public a travaillé et travaillent encore dans les régions éloignées avant de passer aux villes. En plus , selon l' SNMSL, la décision d'obliger le médecin à exercer dans des régions éloignées est une violation des textes constitutionnels notamment l'article 24, qui donne le droit à tout citoyen marocain à s'installer dans n'importe quelle zone du pays.

Cette loi pourrait contraindre les médecins à exercer pour une période d’une à deux années dans les zones rurales et c’est seulement après cette période que les médecins seraient autorisés à exercer dans les zones urbaines.

Selon le ministre, ces mesures ont pour objectif de lutter contre l’absentéisme, notamment dans les campagnes et de lutte contre les trous dans la carte sanitaire.

Il est à noter que le dernier rapport du conseil économique social et environnemental (CESE) avait pointé les grandes disparités dans la répartition, entre régions et au sein d’une même région, entre milieu urbain et rural des professionnels de la santé.

Selon ce rapport, des grandes inégalités territoriales en matière d’offre de soins. Le ratio médecins/habitants va de un médecin pour 1 916 habitants à Casablanca, à un médecin pour 5 378 habitants dans la région Souss-Massa-Draa. Ce ratio est de 1 médecin pour 8 111 habitants en milieu urbain et de 1 pour 11 345 en milieu rural.