Antibiotiques

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 Selon le rapport d’un groupe d’experts internationaux, la résistance aux antibiotiques devrait causer « 10 millions de morts par an » en 2050, soit plus que le cancer.

Une commission d'experts réunie par le gouvernement britannique s'inquiète du risque de voir la résistance aux antibiotiques causer "10 millions  de morts par an" dans le monde en 2050, provoquant une érosion du PIB mondial de 2% à 3,5%.

"Une augmentation continue de la résistance antibiotique causerait à partir de 2050 la mort de 10 mio de personnes par an et une réduction de 2% à 3,5% du Produit intérieur brut (PIB)", note ce rapport d'un groupe d'experts internationaux.

Les morts surviendraient principalement en Asie (4,7 mio) et Afrique (4,1 mio). En Europe, l'étude prévoit une moyenne annuelle de 390'000 morts. Elle serait de 317'000 aux Etats-Unis.

Cela deviendrait la première cause de mortalité dans le monde devant le cancer qui tuerait 8,2 mio de personnes, le diabète (1,5 mio de morts par an), les maladies diarrhéiques (1,4 mio) ou les accidents de la route (1,2 mio).

"L'étude évalue à 300 mio le nombre de personnes qui devraient mourir prématurément à cause d'une résistance aux médicaments pendant les 35 prochaines années", ajoute ce rapport qui se fonde sur deux études prospectives réalisées à la demande de la commission par l'institut de recherches Rand Europe et le cabinet d'audit KPMG.

"Financièrement, cela revient bien moins cher de prendre en compte la résistance aux médicaments plutôt que de ne rien faire", affirme le rapport qui préconise notamment la création de nouveaux médicaments.

La résistance antibiotique cause aujourd'hui 700.000 décès par an dans le monde dont 50.000 en Europe et aux Etats-Unis, précise encore l'étude.

En annonçant la création de cette commission, le Premier ministre britannique avait qualifié de "menace bien réelle et inquiétante" le développement rapide des bactéries résistantes à l'échelle mondiale, craignant que l'inefficacité des antibiotiques puisse renvoyer le monde "au Moyen-âge de la médecine, avec des morts provoquées par des infections et lésions qu'on peut soigner aujourd'hui".

La consommation mondiale d'antibiotiques chez l'homme a augmenté de presque 40% entre 2000 et 2010, précise encore le rapport.

Parmi les bactéries qui montrent déjà une résistance aux antibiotiques, selon cette étude, figurent Klebsiella pneumonia (infection des voies respiratoires), E.coli (bactérie intestinale) et le Staphylococcus aureus. Des inquiétudes quant à une résistance grandissante portent sur le VIH, la tuberculose et la malaria.

Source : AFP


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Les antibiotiques sont des molécules naturellement synthétisées par des microorganismes pour lutter contre des bactéries concurrentes de leur environnement. Il existe aujourd’hui plusieurs familles d’antibiotiques composées de molécules naturelles, semi-synthétiques ou de synthèse, qui s’attaquent spécifiquement à une bactérie ou un groupe de bactéries.

Les antibiotiques ont permis de faire considérablement reculer la mortalité associée aux maladies infectieuses au cours du 20ème siècle. Hélas, leur utilisation massive et répétée a conduit à l’apparition de bactéries résistantes à ces médicaments.

Une Bactérie Multi résistante aux antibiotiques (BMR) est une bactérie qui n’est plus sensible qu’à un très petit nombre d’antibiotiques. Toutes les bactéries peuvent développer une multi résistance, qu’elles soient impliquées dans les infections communautaires ou dans les infections nosocomiales.

La résistance bactérienne aux antibiotiques se développe rapidement et devient un phénomène menaçant la vie de nombreux patients. Pour la contourner, les traitements doivent se renouveler.

Des chercheurs américains, travaillent sur une culture de la bactérie E. coli en laboratoire afin de tester différentes combinaisons de trois antibiotiques simultanément. Leurs travail c’est basé sur 14 molécules et ont pu tester 364 combinaisons et seulement 94 d’entre eux ont permis de tuer 100% de la bactérie

C’est la première étude qui a démontré l’utilité d’utiliser trois antibiotiques combinés pour contourner la résistance de certaines bactéries. Les auteurs expliquent que si la bactérie est attaquée sur trois fronts différents, la bactérie ne peut plus se défendre. Et rajoutent que dans certains cas, l’ajout d’un troisième antibiotique peut rendre le traitement moins efficace. 

Malgré que cette étude rapporte des conclusions contradictoires mais de nouvelles informations concernant la réaction des bactéries aux traitements antibiotiques ont été découvertes.

Rappelons que chaque année dans le monde, environ 700 000 personnes meurent d’infections bactériennes résistantes d’où l’intérêt d’adopter une politique sérieuse et généralisée de lutte contre le mésusage des antibiotiques.

Source : pharmacie et santé