Citrullus colocynthis (Hadja)

La fréquence des intoxications par les plantes représentait 5,1% des intoxications, toutes causes confondues, en dehors des piqûres et envenimations scorpioniques selon une étude du  centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) de 1980 à 2008.Ces études ont montré que les plantes étaient impliquées dans 5,1% de l’ensemble des intoxications (35% chez des enfants < 15 ans), mais entraînaient une mortalité assez élevée (17 %) .Le Coloquinte ou Hadja est impliqué dans des intoxications au Maroc.

 

 Nom latin: 

Citrullus colocynthis

Nom commun: 

Coloquinte ou Hadja, citrelle, chicotin.

Habitat géographique:

 La Citrullus colocynthis est une plante originaire des régions désertiques sablonneuses d’Afrique. Elle aurait été cultivée déjà à l’époque des Assyriens. Elle est répandue par la culture, notamment en Afrique du Nord et en Inde.

Description botanique: 

La Citrullus colocynthis ( Hadja) est une plante annuelle rampante à fort développement puisque ses tiges peuvent atteindre plus de 5 mètres de longueur. Elle fait partie de la vaste famille des Cucurbitacées tout comme les courgettes, les courges ou les melons. Le feuillage vert gris, très découpé, laisse apparaître en été des fleurs blanches ou jaunes selon les variétés. La plante porte des fleurs mâles ainsi que des fleurs femelles qui donneront plus tard dans la saison des fruits de formes variées aux coloris éclatants souvent striés de jaune, tachetés ou panachés. Ces fruits ne sont pas mangeables mais sont couramment utilisés pour décorer les intérieurs, parfaits réunis dans un panier en osier évasé sur une table, ou posés au bord d'une fenêtre pour l'égayer

 Usage :

C’est une plante amère connue depuis l’antiquité et déjà citée par Hippocrate pour ses propriétés pharmacologiques, purgatives, fébrifuges, vermifuges. Elle est utilisée au Maroc comme diurétique, antiblennorragique et antiépileptique et en Inde comme antimite pour la protection de la laine et contre les morsures des animaux et insectes à venin (cataplasme). Elle est utilisée comme antidiabétique dans les régions tropicales et subtropicales et en homéopathie pour traiter les mêmes problèmes digestifs, névralgiques, diurétiques…

La pulpe séchée du fruit récolté avant complète maturité est un laxatif violent. Elle est utilisée aussi comme antirhumatismal et anthelminthique.

Les racines ont des propriétés purgatives et sont utilisées contre la jaunisse, les rhumatismes et les maladies urinaires.

Les graines, comestibles, contiennent 30 à 40% d’une huile jaune clair, qui renferme un alcaloïde, un glucoside et une saponine. Ces graines torréfiées, riches en lipides et en protéines, ont un goût de noix et sont consommées entières dans certains pays d’Afrique.

Pour traiter l’hépatite virale, les fruits mûrs sont éclatés de façon à ce que le liquide soit projeté  dans le nez du malade qui doit aspirer fortement pour que le liquide pénètre profondément. Une décoction de la racine bien lavée est utilisée comme badigeonnage pour traiter les maladies buccales. La sève de la coloquinte est indiquée contre l’eczéma,mycose (lehzaz) et la teigne chevelue.

Toxicité:

 Le fruit et les graines de la coloquinte renferment des cucurbitacines et des élatérines, la colocynthine et la colocynthétine, un alcaloïde, un glucoside et une saponine. Ces graines torréfiées, riches en lipides et en protéines. La plante est très toxique pour l’homme et l’animal. A doses plus élevées, s’ajoutent du délire, de la faiblesse, de l’hypothermie, un ralentissement du pouls, parfois une congestion cérébrale suivie de collapsus et de mort (Charnot 1945)

N.B / Il existe une certaine confusion entre la coloquinte et la pastèque, puisque les graines sont employées de la même manière et qui portait autrefois le nom scientifique de Colocynthis citrullus.