Une première au Maroc : Radiation à vie d’un chirurgien-dentiste

  • 01 déc 2014

  • Par : pharmapresse

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En effet, le conseil régional sud de l'ordre des médecins dentistes du Maroc vient de radier un des leurs à cause de sa collaboration avec des personnes qui exercent illégalement le métier de chirurgien-dentiste « une sanction exemplaire ».

Selon le président du conseil régional sud de l'ordre des médecins dentistes, cette décision est conforme au dahir de 1960 qui régit la profession et qui stipule que parmi les cas qui nécessitent la radiation définitive d’un chirurgien-dentiste du tableau de l’ordre s’il est impliqué de collaboration professionnelle avec toute personne qui exerce illégalement le métier de chirurgien-dentiste.

Le conseil régional sud de l'ordre des médecins dentistes a pris cette décision après un an et demi de délibérations, période pendant laquelle le médecin en question a été entendu par la commission mais malheureusement tous les éléments de preuve étaient contre lui.

La profession de chirurgien dentiste se voit menacée par les charlatans et autres arracheurs de dents sévissant dans les souks hebdomadaires des petites localités du Royaume et même à l'intérieur des grands centres urbains. Ces pratiques, qui ne sont pas sans danger pour la santé du citoyen.

Plusieurs études et thèses ont été réalisées par les facultés de médecine dentaire de Casablanca et de Rabat sur la thématique de l’exercice illégal de la médecine dentaire, et ce, dans plusieurs villes du pays. Une étude réalisée en 2012/2013 a concerné plus de 1 400 personnes interviewées dans 17 villes (Casablanca, Safi, Béni Mellal, Tiznit, Agadir, Essaouira, Tanger, Salé, Nador, El Jadida, Marrakech…). Il en ressort par exemple que pour ce qui est du type de praticien illégal consulté, 56% sont des mécaniciens dentaires, 27% des prothésistes, 10% des arracheurs de dents ambulants et 7% des barbiers. La moitié des personnes interviewées n’est pas consciente du risque de transmission de maladies infectieuses. Dans 80% des cas, les personnes qui ont eu des complications des soins dentaires n’ont pas dénoncé le charlatan. Pour ce qui est de la répartition de l’échantillon selon le niveau d’études : 28% sont analphabètes, niveau lycée (26%), collège (23%), primaire (17%) et niveau bac (6%). Dans 30% des cas, la période écoulée entre la survenue de la complication et la consultation chez le médecin dentiste est d’une semaine. Elle est de deux jours dans 13% des cas, de 3 jours dans 10% des cas, et de deux semaines dans 10% des cas également… Le praticien illégal ne réalise aucun interrogatoire avant l’intervention dans 87% des cas. Enfin, ils sont 38% à avoir reçu une prescription pour un anti-inflammatoire après l’extraction par un charlatan, 24% des antalgiques, 19% des antibiotiques et 19% aussi des bains de bouche.