Un nouveau front contre le ministre de la santé

  • 01 nov 2014

  • Par : pharmapresse

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Après la saisie du conseil économique, social et environnemental (CESE ) , sur proposition de l’opposition, par la chambre des représentants à propos du projet de loi n°131-13 relatif à l’organisation de la pratique de la médecine au Maroc , plusieurs ONG et syndicats se sont opposés à ce projet de loi et ont constitué un front pour la défense du droit à la santé.

Ce nouveau cadre unifié regroupe le front national pour la défense du droit à la santé et la coalition pour le droit à la santé. Le front et la coalition regroupent plus de 50 associations civiles , syndicats , organisations , organismes et associations professionnelles.

Cette fusion est pour but de faire face à un projet de loi visant à ouvrir la porte à l'investissement commercial dans la santé et qui est contraire à constitution et à l'engagement international du Maroc .

Ce projet de texte dont l’une des mesures principales est l’ouverture des capitaux des cliniques aux investisseurs privés a suscité la polémique. La commercialisation de la santé et l’augmentation des tarifs des soins sont parmi les principales raisons du rejet de ce projet de loi par les différents syndicats et associations, d’après les résultats des études internationales qui ont été faites dans les pays qui ont précédé le Maroc dans l’ouverture des capitaux des cliniques aux investisseurs, l’impact immédiat de cette expérience était l’augmentation du prix des actes médicaux et des soins de santé.

Selon Mohamed Benani Naciri, président du syndicat national des médecins privés (SNMSL )¸ les chiffres en matière d’accès aux soins de santé sont alarmants , une grande partie des citoyens ne peuvent pas les payer, pour le projet , les citoyens qui ont déjà des difficultés d’accéder aux soins, seront encore plus exclus et cela pourra également être accompagné par une «révision à la hausse des cotisations de l’assurance maladie, puisque les prestations seront plus chères», La recherche du gain devra également passer par une diminution des charges. Ainsi, «les propriétaires des cliniques privées auraient tendance à économiser sur les coûts du matériel médical».

Pour répondre à l'équation accès aux soins / ouverture des capitaux des cliniques aux investisseurs privés , le SNMSL avait proposé d’amender le code de couverture médicale de base afin de permettre aux patients de choisir le médecin traitant pour facturer les prestations au coût de revient du secteur public et cela permettra d’alléger la pression sur les hôpitaux .

Le front pour la défense du droit à la santé réclame également l’amélioration et l’accélération de la sécurité sociale obligatoire, qui est en train d’être généralisée, tout en assainissant le secteur de la santé publique et le dotant de plus de moyens.

De son côté, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a publié, le 21 octobre dernier, une lettre d’information pour faire savoir à l’opinion publique sa position qui est contre ce projet de loi, en effet, l’ordre est censé donner son avis sur toute la politique de santé et sur tout projet de loi concernant le domaine de santé au Maroc. En passant ce projet de loi qui touche la pratique médicale, le gouvernement a violé la loi, puisqu’il n’est pas revenu vers le Conseil de l’Ordre lors de l’élaboration de ce projet de loi .

Par ailleurs , après avoir été saisi par la première chambre à propos du projet, le conseil économique, social et environnemental produira un avis sur ce projet de loi qu’il rendra dans deux mois et une étude dont la durée de réalisation sera de 8 à 9 moi.