Un appel mondial pour l’interdiction du triclosan des produits cosmétiques

Depuis Florence en Italie, 206 scientifiques de 29 pays viennent de lancer un appel mondial ("The Florence Statment of Triclosan" publié sur la revue scientifique Environmental Health Perspective),  pour bannir le triclosan et son cousin antibactérien le triclocarban.

Le problématique biocide qu'est le triclosan ne doit être autorisé, dans le monde entier, que pour les seules applications médicales spéciales. C'est ce qu'exigent 206 scientifiques, médecins et experts en médecine issus de 29 pays dans un appel que la prestigieuse revue scientifique Environmental Health Perspectives a publié aujourd'hui. Le triclosan apparaît toujours dans de nombreux produits, également d'usage quotidien, comme par exemple en partie dans du dentifrice et des produits cosmétiques, mais aussi dans des chaussures et des vêtements de sport. Le triclosan en tant que mocélule a une action hormonale, il peut être décelé dans le lait maternel presque partout dans le monde. C'est pourquoi, il est problématique d'un point de vue sanitaire. Les neuf organisations sanitaires MfE, MES,

ARTAC, ASEF, FAAA, FEM, MPE, SERA et WECF issues de quatre pays européens soutiennent l'appel international6 et exigent une interdiction du dangereux triclosan aussi en Europe.

Certes, les autorités américaines, européennes et suisses interdisent le triclosan comme produit de désinfection problématique dans les savons et les produits de nettoyage. Mais le triclosan doit pouvoir être encore utilisé dans les produits cosmétiques et d'autres produits d'usage quotidien.

Le triclosan: aucun bénéfice pour les consommateurs mais beaucoup de risques sanitaires et environnementaux

« Pour le consommateur, le triclosan dans les produits cosmétiques ne présente aucun bénéfice immédiat. À cette concentration, il n'a pas d'action désinfectante sur la peau », dit Hanns Moshammer des Médecins pour un Environnement Sain (MES) en Autriche. « Il peut toutefois nuire à la flore cutanée », complète son collègue autrichien, Hans-Peter Hutter, professeur associé et docteur en médecine, de Médecine et Protection de l’Environnement (MPE). En outre, le triclosan est inquiétant d'un point de vue sanitaire: « La substance est soupçonnée p.ex. de déclencher le cancer du sein, d'altérer les spermatozoïdes, d'attaquer le foi et les muscles ainsi que de favoriser la résistance aux antibiotiques. De plus, la substance irrite la peau », ajoute Peter Kälin, docteur en médecine, président des Médecins en faveur de l’Environnement (MfE) en Suisse. « En outre, le triclosan est un allergène connu », souligne Silvia Pleschka de la Fédération Allemande Asthme et Allergies (FAAA).

Et Ortwin Zais, membre du directoire de la Fédération Ecologique des Médecins d'Allemagne complète: « Dans de nombreux pays, le triclosan a été décelé dans le lait maternel et également dans le sang du cordon ombilical. » Le triclosan s’y trouve « parce qu’il se dégrade très mal dans l’environnement et qu’il est actuellement décelable dans presque tous les compartiments environnementaux de par le monde », complète le Professeur Dominique Belpomme, président de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (ARTAC) en France. Et Pierre Souvet, docteur en médecine, président de l'Association Santé Environnement France (ASEF) rappelle: « Lors de la production du triclosan, même des substances de type dioxine à haute toxicité se forment. La même chose se passe en partie lors de sa dégradation dans l‘environnement. » Cellesci se « retrouveraient ensuite en partie tout autant dans le lait maternel que le triclosan même », rappelle Véronique Moreira, présidente du réseau Women Engage for a Common Future France (WECF France). Jacqueline Collard, présidente de l'Association Santé Environnement Rhône-Alpes (SERA, France) dresse le bilan: « Il n'est plus acceptable que le triclosan continue à apparaître dans de nombreux produits quotidiens d'hygiène même pour les enfants en bas âge. »