Près de 7400 patients marocains toujours en attente d’un donneur de rein

Selon le Pr Benyounes Ramdani, président du Conseil consultatif de transplantation d'organes et de tissus au Maroc, 7400 personnes sont en attente d'une transplantation rénale au Marocains. En attendant, Il ne leur reste donc que la dialyse, très lourde à vivre dans le quotidien du patient et représentent un énorme fardeau en termes de souffrance humaine et de coûts qui est estimé à 1100 dirhams par mois.

Selon les statistiques du ministère de la santé, le Maroc n'a enregistré que 195 opérations de greffe de reins entre 2012 et 2016, chiffre insuffisant par rapport aux nombres de  personnes en attente . Malgré les campagnes de sensibilisation et les pétitions lancées par la société civile, le Maroc accuse un retard énorme en matière de greffe et de transplantation rénale.

Cette maladie évolue silencieusement et elle est souvent détectée trop tard. Seulement 20%  des insuffisants rénaux chroniques accèdent au traitement par dialyse au Maroc. Un tiers des patients ne sont effectivement dépistés qu'au stade terminal.

Désormais, l'insuffisance rénale au Maroc est devenue un véritable fléau qui ronge la santé des adultes mais aussi des jeunes. Les spécialistes sont unanimes quant à l’aspect alarmant des chiffres récents qui font état d’une avancée sensible.

En l'absence de statistiques très précises, l’insuffisance rénale chronique (IRC) toucherait plus de 3 millions de Marocains dont beaucoup arrivent chaque année au stade terminal.  À la fin 2014, le Maroc a enregistré près de 17.000 dialysés dans 200 centres publics et privés, avec 1.200 nouveaux dialysés. Parmi ces 3 millions de marocains malades figurent, bien entendu, des enfants.

Les principales causes de l’insuffisance rénale chronique au Maroc, sont le diabète et l’hypertension artérielle, plus de 50% de la population atteinte de MRC est constituée justement de diabétiques et d’hypertendus. Les pathologies héréditaires ne représentent que 4 % des causes de l’insuffisance rénale chronique terminale. L’insuffisance rénale chronique est aujourd’hui un vrai problème de santé publique du fait de l’augmentation de son incidence et de sa prévalence, elle est surtout coûteuse quand il s’agit d’un malade en stade avancé, ce qui est souvent le cas puisque 30% seulement des personnes atteintes de cette pathologie au Maroc savent qu'ils sont malades. Quand un malade est à un stade avancé, deux options se présentent, à savoir la dialyse ou la greffe. Les deux sont coûteuses.

L’hémodialyse coûte beaucoup plus cher que la greffe. Il faut compter près de 850 DH la séance à raison de 3 séances par semaine, soit 2.550 DH. L’hémodialyse revient à 10.200 DH par mois et 122.400 DH par année. Le coût est un grand fardeau pour les personnes qui n'ont pas de couvertures médicales. Pour les organismes de prévoyance sociale, le coût de l'insuffisance rénale chronique représente une des dépenses les plus importantes. Concernant la greffe, les chiffres ne sont pas encourageants, seulement une cinquantaine de greffes de rein ont été réalisées par les six hôpitaux autorisés à fin 2014.