Maroc:Les médecins étalent "le linge sale"contre le réquisitoire du ministre de tutelle

  • 01 déc 2014

  • Par : pharmapresse

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Après un véritable réquisitoire de El houssain Louardi ,ministre de la santé, contre les médecins du secteur public lors de l'ouverture d'une rencontre de communication organisée par son ministère la semaine dernière, ces derniers réfutent catégoriquement et formellement ces accusations.

En effet, les déclarations du ministre de la santé ont déchaîné la colère des médecins du secteur public, un certain nombre d'entre eux ont créé des pages sur les réseaux sociaux, en particulier sur le Facebook, où ils publient les photos des scènes où ils vivent tous les jours dans les hôpitaux publics dans les différentes régions du Royaume, ces photos choquantes,  montrent un matériel vétuste et " primitif" dans des espaces de soins sanitaires délabrés, auxquels font recourent les patients.

Quant aux organisations syndicales des médecins , en particulier le syndicat indépendant des médecins du secteur public, " parler de l’absentéisme des médecins, il n’en est rien et il ne s’agirait que de cas rares et isolés, il faut s’attaquer aux vrais problèmes du secteur et qui sont très nombreux, au lieu de «s’acharner sur les médecins " , «Nous n’acceptons pas d’être le bouc émissaire dans la détérioration du secteur de la santé au Maroc. Le ministre doit être responsable dans ses déclarations et du département dont il a la responsabilité. S’il a failli à sa mission, ce n’est pas de notre faute. Il ne fait qu’induire l’opinion publique en erreur en s’attaquant une nouvelle fois aux médecins, le principal problème se situe au niveau des moyens. Les médecins ont beau être présents, mais face au manque de moyens, de médicaments, de matériels, ils ne peuvent pas mener à bien leurs missions surtout dans les zones enclavées. Dans certains cas, on retrouve 10 médecins dans 2 bureaux pour consulter les malades. Comment vont-ils alors travailler et mener les consultations ?

D'après nombreux médecins, les déclarations du ministre n'ont pas de fondement dans la réalité, c'est juste une «campagne médiatique pour inciter les citoyens contre les médecins et préparer l'opinion publique pour amener les médecins étrangers dans une prochaine étape.

Les propos  qui ont provoqué le tollé chez les médecins :

El Houssaine Louardi a prononcé un véritable réquisitoire et pointé du doigt la hausse de l'absentéisme parmi les médecins, il a souligné que la hausse de l'absentéisme parmi les médecins, qu'il a qualifié de «grande calamité» et qui a conduit à la détérioration des prestations des établissements de santé du pays  « ne doit  pas passer sous silence ». Le ministre s’est engagé à prendre les mesures qui s'imposent pour y faire face et a rappelé que tous les professionnels sont égaux devant les responsabilités comme les droits.il a ajouté que le laxisme et la permissivité ouvrent grandes les portes devant les abus, l'absentéisme des médecins est à l'origine, de manière directe ou indirecte, de décès néonatals et des mères.

Le secteur de la santé au Maroc agonise et a besoin d'une grande intervention chirurgicale :

C’est avec ces termes  que la Banque mondiale a qualifié le secteur de la santé au Maroc dans son nouveau rapport publié ce mois sur le secteur de la santé au Maroc sous le titre «la justice et la responsabilité: l'engagement dans des systèmes de santé au Moyen-Orient et Afrique du Nord», d’autres rapports récents accablants sur l’état de notre santé qui justifient et légitiment  le mouvement de grogne des médecins du secteur public tels que le rapport d’expertise de la plus grande région du Maroc , Souss Massa Draa, diligenté ces derniers mois par le conseil régional de cette région et  préparé par la commission de santé relevant dudit conseil  et  le rapport du conseil de  M. Driss El Yazami (Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) sur l’état de santé dans une autre région aussi importante dans notre pays qui est  Tadla-Azilal présenté ce vendredi 26 décembre à Béni Mellal. Tous ces rapports illustrent sans équivoque la fragilité de l'offre de soins au niveau de ces régions du Maroc avec des dysfonctionnements en termes de services, qualité de santé et de la qualité de l'équipement médical mis à leur disposition, ces rapports révèlent des carences liées essentiellement au sous-équipement des hôpitaux et leur état de délabrement ainsi que l’insuffisance des effectifs et des soins tertiaires.