Maroc / Les «sandwichs de la mort» : Le danger des marchands ambulants

  • 01 avr 2014

  • Par : pharmapresse

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Les français mangent le «panini» , les américains mangent le «hot-dog» , les marocains mangent un sandwich bien de chez nous, le sandwich de " moule LKAROUSSA " , où on peut trouver toutes sortes de viandes, cerveau, viscères, grillades , des frites... dont l'odeur est très agréable ou parfumée peuvent être très appétissants et vous donner faim et dont on ne connait pas l'origine malheureusement !!.

On général sont les gens qui travaillent en ville et sont obligés de manger dans la rue ,la plupart d'entre eux ne mettent pas en cause la qualité des plats proposés, le prix étant attractif, tout le monde y trouve son compte. Autant le commerçant que le client qui ne se demande pas dans quelles conditions d’hygiène cela a été concocté, l'essentiel est de satisfaire leurs besoins alimentaires.  

D'autres marchants ambulants proposent toute sorte de marchandises généralement importées illégalement (jus de fruits, fromage, gâteaux, etc) ou bien fabriquées localement sans aucun respect des normes d’hygiène, ils déambulent à longueur de journée dans les rues ou élisent places avec leurs étalages dans des quartiers aussi bien populaires que résidentiels notamment à proximité des établissements scolaires, aux alentours et à la sortie des mosquées, et ce, au vu et au su de tout le monde sous prétexte que ce petit commerce permet de résoudre les problèmes de chômage et apaise le malaise social. Mais si cette activité constitue un gain pain pour une frange importante de la population du Maroc et attire une clientèle à la recherche de bas prix, elle met en danger la vie des consommateurs.

L'intoxication alimentaire représentent 17 % de l'ensemble des intoxications au Maroc :

Ces petits commerces de fortune se sont multipliés face au silence et à l’inertie des responsables, ils exercent sans autorisation préalable et échappent à tout contrôle sanitaire et mettent en danger la santé et la vie des marocains, le risque est d’autant plus fréquent que les habitudes alimentaires et le nouveau mode de vie des Marocains ont radicalement changé ces dernières années. Qui parmi nous n’a pas été victime dans sa vie d’une intoxication alimentaire avec tous les désagréments que cela suppose : vomissements, diarrhées, nausées, douleurs abdominales ? Dans certains cas, les intoxications aiguës peuvent même entraîner perte de conscience, hospitalisation et même décès. Le développement de la restauration extérieur avec, comme corollaire, l’explosion du secteur informel et sa cohorte de vendeurs ambulants, est venu aggraver la situation, le risque peut également se nicher dans des négligences chez des restaurateurs organisés, pas de contrôle par les services d’hygiène ni pour les produits, les durées de conservation, la rupture de la chaîne de froid et d’autres causes graves susceptibles d’entraîner des intoxications.Le phénomène prend une ampleur effarante, particulièrement lors du mois de Ramadan avec la vente et l'exposition des produits alimentaires jusque sur les trottoirs.Sur le plan de l'hygiène alimentaire, le Maroc est encore à la traîne , l'hygiène n'est pas une qualité mais une condition nécessaire et essentielle à tous les niveaux, de la fabrication, du stockage, de la distribution, de la conservation, de la présentation à la vente .

Des milliers de Marocains seraient victimes d’intoxications d’origines diverses chaque année,  selon les statistique du centre antipoison et de pharmacovigilance durant les 10 premiers mois de l'année 2014 , le centre a enregistré 1867 cas d'intoxication alimentaire ce qui représentent 17 % de l'ensemble des intoxications au Maroc et ils occupent la deuxième place des intoxications au Maroc après celles dues aux piqûres de scorpions et celles causées par le monoxyde de carbone , avec 1223 cas d'intoxications collectives et 643 cas dans les lieux publics (vendeurs ambulants ,restaurants, internats, colonies de vacances...), la région Marrakech-Tensift-Al Haouz occupe la première place avec 21,20% suivi de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer qui vient en deuxième position avec 13,30% des cas d'intoxication alimentaires . Selon le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM),on ne connaît pas le nombre exact d’intoxiqués alimentaires, par an, à l’échelon national, car tous les Marocains victimes d’une IA ( intoxication alimentaire) ne contactent pas automatiquement le centre pour l’informer, et donc les chiffres sont souvent en deçà de la réalité.

Les indicateurs relatifs aux intoxiqués selon les statistique du CAPM :

L’âge moyen des intoxiqués était de 24,57 ± 17,78 ans, la tranche d’âge la plus représentée était celle de l’adulte (54,60%) suivie de celle de l’enfant (20,7 %). Le sex- ratio (M/F) était de 1,24. Ces MA sont survenues particulièrement en milieu urbain (74,90%) et surtout à domicile (49,30%). La circonstance était accidentelle dans 99,80% des cas. Les cas d’intoxications alimentaires mortelles et foudroyantes étaient de 7 cas. Ils peuvent être liés à des composés toxiques ayant contaminé certains ingrédients (42,8% des cas) ou à certaines bactéries produisant une substance toxique très violente (43,0% des cas). Au total, 91,6 % de cas était de gravité modérée. Le taux de létalité était de 0,30%.

Des cas qui ont défrayé la chronique  

Parmi les intoxication qui ont récemment défrayé la chronique au Maroc sont celle du décès d'une adolescente ainsi que l’admission de sa sœur au service de réanimation du CHU Hassan II de Fès, à cause' un gâteau de mille feuilles acheté auprès d’un marchand ambulant à proximité de leur lycée. ( février 2014) et l'autre qui a fait le tour des rédactions  des journaux : quinze des quarante médecins participant à un séminaire sur la chirurgie de l'oreille et du nez dans un grand hôtel casablancais attrapent une infection intestinale suite à un déjeuner servi par le restaurant de l'hôtel. Onze ont été hospitalisés, heureusement rien de grave. Sauf la réputation de l'établissement, qui s'en trouve ternie !! L'intoxication de Marcel Khalifé ,chanteur libanais , au festival méditerranéen de musique amazighe à Tanger .

Les types d’intoxications alimentaires:

les intoxications alimentaires suite à l’ingestion d’aliments ou de boissons contaminés par des bactéries ou des microbes. Figurent également les allergies alimentaires, les aliments souillés par des pesticides, raticides et les toxines (substances toxiques sécrétées par des aliments avariés). La plupart des intoxications alimentaires sont dues à des toxines produites les bactéries, une personne peut être victime d’une intoxication alimentaire en ingérant des aliments qui ne sont pas bien cuits ou qui ont été contaminés par une personne qui ne s’est pas lavé les mains avant de les manipuler.

La cause bactérienne la plus courante de l’intoxication alimentaire est le «Campylobacter», que l’on trouve dans le lait cru, la volaille crue, la viande rouge. La deuxième bactérie d’intoxication alimentaire la plus courante est «la salmonelle» qui est présente dans les œufs, la viande crue ainsi que la volaille. Les symptômes les plus courants sont les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, les maux de tête, les diarrhées ainsi que le risque de déshydratation surtout chez les enfants. Les symptômes peuvent également inclure de la fièvre et des frissons, des selles contenant du sang, des douleurs musculaires et de l’épuisement. Ces symptômes se manifestent le plus souvent 1 à 48 h après absorption des aliments.

Traitement:

La plupart des cas d'intoxication alimentaire disparaissent au bout de quelques jours, sans que vous ayez à consulter un médecin. Cependant, si la maladie dure plus de quelques jours, s'il y a du sang, s'il y a du mucus jaune ou vert dans les selles, ou si vous êtes enceinte, vous devez obtenir un avis médical. Vous devez également consulter un médecin si la personne affectée est très âgée ou s'il s'agit d'un bébé.

Parfois, vous recevrez des antibiotiques pour certains types d'infections bactériennes. La période de guérison dépend du type d'infection, de votre âge, de votre état de santé et de vos autres problèmes médicaux éventuels. Ne mangez pas d'autres aliments tant que vous vous sentirez nauséeux/se ou que vous vomirez. Laissez votre estomac se reposer pendant une heure après avoir vomi, puis essayez de boire quelques gorgées d'eau. Veillez à boire de l'eau régulièrement ou utilisez les poudres de réhydratation disponibles en pharmacie. Maintenez une bonne hygiène personnelle pour éviter de transmettre la maladie à d'autres personnes. Par exemple, lavez-vous les mains avant et après avoir utilisé les toilettes et avant de préparer des aliments.

Les gestes qui sauvent:

Le risque d’intoxication alimentaire peut éviter par de simples gestes. Il faut bien se laver les mains avant de manipuler les aliments et désinfecter les ustensiles. Il est primordial de respecter la chaîne de froid en veillant à ne jamais recongeler un produit décongelé. Il ne faut jamais laisser des aliments hors du réfrigérateur plus de deux heures. Autres mesures : conserver les aliments périssables notamment les viandes et poissons à une température entre 0 et 2°C et ne pas laisser les produits frais exposés à une température ambiante (dans les coffres de voitures trop longtemps.