Les ravages du stress: Savoir identifier les facteurs de stress et les gérer

  • 01 déc 2014

  • Par : pharmapresse

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A trop vous ronger les sangs, vous augmentez votre niveau d’inflammation et vous fragilisez votre organisme. Des chercheurs de l’Ohio University ont découvert que trop ruminer sur des événements stressants se traduit par une augmentation de la protéine C, un marqueur de l’inflammation.

34 femmes en bonne santé ont été recrutées pour les besoins de l’expérience. 
Chaque femme a dû vendre ses compétences lors d’une simulation d’entretien d’embauche. Après l’entrevue, la moitié des candidates ont été appelées à réfléchir sur leur performance individuelle lors de l’entretien tandis que l’autre moitié a pensé à des activités neutres sinon plus agréables tel que faire du bateau ou faire du shopping. 
Les prélèvements sanguins effectués sur les deux groupes ont montré un niveau nettement plus élevé de protéine C du côté des femmes qui avaient repassé le film de leur entretien de recrutement. 
La protéine C est envoyée par le foie comme première réponse du système immunitaire. Cette protéine augmente en réaction à un traumatisme, une blessure ou une infection dans l’organisme. 
Le niveau de cette protéine est généralement mesuré pour déterminer si un patient a une infection ou s’il risque de développer certaines maladies plus tard, comme le cancer, les maladies autoimmunes ou encore les maladies dégénératives comme Alzheimer. Cette nouvelle étude tend à démontrer que le stress est un poison pour l’organisme. Lutter contre le stress pourrait protéger le système immunitaire.

Savoir identifier les facteurs de stress et les gérer

Chocs, agressions, changements, conflits, environnement hostile, surcharge de travail..., les facteurs de stress sont nombreux.Les entreprises n’ont pas encore pris conscience de l’étendue du mal.Il faut prendre du recul dès que la pression devient insupportable.

En milieu professionnel, plus personne n’est à l’abri des pressions, et donc d’un stress quasi continu. Aujourd’hui, on connaît mieux les ravages causés par ce mal du siècle. Aux Etats-Unis, par exemple, son coût annuel est estimé à plus de 200 milliards de dollars (1 800 milliards de DH). Dans le Vieux continent, une étude de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail fait état de 44 millions de personnes souffrant d’un excès de stress. Un salarié sur deux connaît une détérioration de sa santé liée à ce fléau et nombre d’entre eux n’arrivent plus à supporter la pression psychologique au sein de l’entreprise. Près d’un tiers des salariés recourent à un thérapeute... 
Dans certains pays, le stress a été classé comme maladie professionnelle. Au plan individuel, le fait de savoir ce qui le génère permet de prendre des précautions pour ne pas se retrouver dans le cercle vicieux.
Les facteurs de stress sont très nombreux et chacun y réagit différemment. Les uns réagissent, d’autres, moins résistants psychologiquement, s’enfoncent. Parmi les facteurs de stress les plus courants figurent les imprévus. «Il s’agit de situations nouvelles auxquelles il faut vite faire face et s’adapter immédiatement», précise Mohamed Charkaoui, DG d’une entreprise de plasturgie. 
Une telle situation est à rapprocher du sentiment d’urgence qui s’installe de plus en plus chez les salariés. Des délais de plus en plus courts à respecter, des rapports ou dossiers à remettre à toute vitesse... autant d’événements qui, à terme, peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’efficacité au travail. Avec le développement des technologies de la communication, tout va très vite aujourd’hui. Par exemple, on est sollicité à tout instant, par mail ou par téléphone (l’«effet portable»), sur des dossiers devant être traités sans délai.
L’incertitude du lendemain constitue un autre facteur important du stress. Ce facteur peut prendre des proportions alarmantes quand il concerne le rôle, la place dans l’entreprise, les tâches et les objectifs des salariés. 

Il faut savoir dédramatiser des situations compliquées:

Ce syndrome n’est pas seulement le fait d’une surcharge de travail ou de la course contre la montre. Il est aussi généré par des problèmes de communication au sein de l’entreprise, un style de management défaillant, des conflits latents qui interviennent entre collègues ou avec des partenaires externes, l’isolement, le désintérêt professionnel, divers facteurs événementiels comme des réunions, la prise de parole, l’environnement dans lequel on évolue (le bruit, le culte de la performance, le manque de politesse, la promiscuité professionnelle, la suspicion...). «Il arrive très souvent que les managers gèrent leurs collaborateurs selon l’image qu’ils se font d’eux-mêmes alors qu’un style de management donné ne convient pas à tous les types de personnalité. Par exemple, certains collaborateurs sont sensibles au style directif, d’autres pas et réagiront par conséquent de façon négative en entrant dans la spirale du stress», explique Mehdi Zaki, auditeur dans un cabinet d’audit.
Le changement dans nos modes de vie est tout aussi compliqué. Un petit problème domestique peut enrayer toute une organisation et avoir des répercussions graves sur l’activité professionnelle. Ainsi, on voit des femmes actives être complètement déstabilisées parce que la femme de ménage a fait ses bagages sans crier gare, les laissant aux prises avec des problèmes de garde d’enfants, etc. 
Une bonne hygiène de vie ne peut faire que du bien
Aujourd’hui, on ne croit plus possible d’éradiquer totalement le stress négatif, on cherche seulement à neutraliser ses effets pervers, mais si les entreprises reconnaissent timidement les ravages du stress, très peu osent s’attaquer à un mal qui est à l’origine d’un énorme manque à gagner. Ainsi, aux Etats-Unis, sur 400 entreprises cotées en Bourse, celles qui ont pris des mesures préventives ont vu leur capitalisation augmenter de 30 %. 

La première règle : relativiser, prendre du recul. On se fait souvent une montagne d’un rien, d’où le sentiment d’une pression démesurée à gérer. Dédramatisez et faites la différence entre les problèmes graves et les petits tracas du quotidien. En étant optimiste, vous diminuerez l’emprise du stress sur votre esprit et serez en possession de tous vos moyens pour affronter vos missions quotidiennes. Parfois, l’issue est dans le travail d’équipe : un avis ou une suggestion externes peuvent être salutaires.
Il faut rester à l’écoute de son corps et être capable de détecter les premiers signaux du mal. Vont-ils vous rendre hyperactif ou au contraire déstabiliser votre mental ? 
On peut aussi rappeler quelques règles simples : il faut mieux manger, faire du sport, respecter son temps de sommeil, prendre des vacances... Une bonne hygiène de vie ne peut faire que du bien. Par ailleurs, le vieil adage selon lequel le rire est le meilleur des remèdes n’a pas pris une ride. Une bonne dose d’humour est une manière simple de faire fi du stress. 

Conseils:

Ce n’est pas la situation stressante qui est en cause, mais plutôt la façon dont on la perçoit, l’importance qu’on lui accorde. Voici quelques conseils à mettre en pratique :

  • S’offrir un mode de vie sain en réduisant sa consommation de café et en adoptant une alimentation saine et équilibrée.
  • Prendre pour habitude de respirer profondément plusieurs fois dans la journée. Cela permet de diminuer l’anxiété et de rétablir l’équilibre du métabolisme.
  • Profiter de la pause déjeuner pour manger à l’extérieur du bureau, faire une promenade, lire ou encore écouter un peu de musique.
  • Se ménager des moments pendant lesquels on s’astreindra à faire quelques exercices de relaxation et de respiration.
  • Se faire plaisir en créant une ambiance agréable et apaisante au travail. Un décor chaleureux peut nous procurer un sentiment de paix lorsqu’une situation nous semble difficile à affronter.
  • Couper la sonnerie du téléphone pendant une heure quand on sent qu’on va craquer.
  • Relever ses mails deux ou quatre fois par jour, selon la réalité professionnelle de chacun, plutôt qu’au fur et à mesure.
  • Apprendre à dire non et à déléguer des tâches.
  • Trouver un ou une collègue avec qui on pourra parler dans les moments difficiles.
  • Evacuer ponctuellement ses préoccupations en les écrivant dans un carnet ou encore en utilisant un dictaphone.
  • Flâner le soir entre la sortie du bureau et le retour à la maison pour se vider l’esprit des tracas de la journée.
  • Tenter de dédramatiser en riant de ses mésaventures, pratiquer l’autodérision. 

    Et n’oubliez pas que, si vous ne prenez pas soin de vous, personne ne le fera à votre place ! Après tout, l’attention que l’on se porte et que l’on accorde à son équilibre intérieur est un investissement que l’on ne pourra jamais regretter.