Les Marocaines allaitent moins

Le Maroc ne dépenserait annuellement que 0,1 dollar par nouveau-né pour la promotion de l’allaitement maternel d'après le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), publié récemment.

Cette organisation pointe du doigt l’insuffisance du budget alloué par le Maroc à la promotion de l’allaitement maternel. Elle reproche aussi au Maroc l’absence de dispositions contraignantes susceptibles d’améliorer la situation.

Au niveau mondial, moins de 40% des nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein. Au Maroc cette pratique est en nette recul depuis la fin des années 80. Les Marocaines ont recours à l’allaitement artificiel au détriment de l’allaitement naturel.

Selon les statistiques du ministère de la Santé, 27,8% des femmes au Maroc, soit près de trois femmes sur dix, allaitent leur bébé exclusivement au sein durant les six premiers mois. Un taux en baisse depuis 25 ans: en 1992, un peu plus d'une Marocaine sur deux allaitait son enfant.

Selon l’OMS, Il est prouvé que l'allaitement au sein présente des avantages sur les plans cognitif et sanitaire pour les nourrissons ainsi que pour leur mère. Il est en particulier essentiel pendant les 6 premiers mois de la vie car il contribue à la prévention de la diarrhée et de la pneumonie, deux causes majeures de mortalité chez les nourrissons. Les mères qui allaitent ont un risque réduit de cancer des ovaires et du sein, deux grandes causes de mortalité chez les femmes. «L'allaitement maternel donne aux nourrissons le meilleur départ possible dans la vie», selon le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.

Selon le Directeur général de l’UNICEF, «L'allaitement maternel est l'un des investissements les plus efficaces et les plus rentables qu’un pays puisse faire en faveur de la santé de ses plus jeunes habitants et de la santé future de son économie et de sa société».