Le nouveau ministre de la santé désapprouve le conseil national de l’Ordre des médecins

Abdelkader Amara, ministre de la santé par intérim après le limogeage de El Houssaine Louardi, vient d'intervenir pour désamorcer la tension entre les professeurs d'enseignement supérieur agrégés des Facultés de médecine de la ville de Marrakech et le Conseil national de l'Ordre des médecins.

L'application de la loi concernant le temps plein aménagé (TPA) permettant aux professeurs de médecine d'exercer dans les cliniques privées est l'origine de cette tension.

En effet, suite à une enquête diligentée en 2015 par ministère de la santé qui avait révélé le cas de 12 professeurs d'enseignement supérieur agrégés qui exercent illégalement dans des établissements de santé privés et sans respect des dispositions en vigueur, le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) de Marrakech avait décidé d'engager une procédure disciplinaire à l'égard de ses 12 professeurs d'enseignement ce qui n'a pas plu aux professeurs d'enseignement supérieur agrégés des Facultés de médecine de la ville de Marrakech. Selon eux, l'engagement d'une procédure disciplinaire par l'Ordre des médecins est considéré comme une provocation et une aberration, car ce dernier n'est pas habilité à intervenir dans le cadre l'application de la loi concernant le temps plein aménagé (TPA).

Le ministre Abdelkader Amara vient de trancher, via une lettre adressée au président du Conseil national de l'Ordre des médecins de Marrakech, en désapprouvant la procédure de ce dernier à ce sujet. Dans sa lettre, le ministre appelle au respect des termes de la convention signée en 2015 entre le ministère de la santé, ministère de l'enseignement supérieur et la recherche scientifique et le Syndicat National de l'Enseignement Supérieur et rappelle que, selon les termes de la convention, seule la commission spéciale est habilitée à trancher cette question.

Il est à noter que le TPA a été instauré par le ministère de la santé  en 1996, sur instructions du Roi Hassan II, «pour améliorer les revenus des professeurs agrégés et titulaires». Cette mesure temporaire devait prendre fin 2001, sauf qu’elle dure depuis. L’absence de contrôles de la part de l’administration a ouvert la voie à plusieurs abus.