Le "Baclofène" : un espoir pour réduire la consommation d'alcool

Deux études rendues publics la semaine dernière lors des Journée Annuelles de la Fédération Française d’Alcoologie, confirment l’effet positif du baclofène à fortes doses sur la diminution de la consommation d'alcool au bout d'un an de traitement.

Le baclofène est utilisé à l’origine pour traiter les contractures musculaires liées à la sclérose en plaques.

La première étude, dite " Bacloville ", réunit des patients et des prescripteurs (médecins généralistes) en ville, quand la seconde, " Alpadir ", se penche sur le suivi à l’hôpital.

Les résultats de l'étude Bacloville montrent un effet positif du baclofène consommé à forte dose (jusqu'à 300mg). 56,8% des patients traités ont réduit ou stoppé leur consommation d'alcool au bout d'un an de traitement (contre 36,5% chez ceux recevant un placebo).

La deuxième étude "Alpadir", a montré une diminution de la consommation d'alcool chez le groupe traité au Baclofène, en particulier chez les buveurs considérés à haut risque, qui consomment plus de quatre verres par jour pour les femmes et plus de six pour les hommes.

Selon ces chercheurs, le baclofène permet de réduire la consommation d’alcool, dans un cas sur deux.

Par ailleurs, les deux études ont mis en évidence quelques effets indésirables liés à la prise de Baclofène, comme une augmentation des cas d'insomnies, de somnolence et de dépression (44% avec le Baclofène contre 31% avec le placebo).

Ce médicament ne dispose pas encore d'autorisation de mise sur le marché pour cette indication, il est prescrit actuellement en "autorisation temporaire ".

Le laboratoire Ethypharm, promoteur de l'essai Alpadir, attend les résultats complets de Bacloville pour finaliser son dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM).

Il est à signaler que le baclofène a été popularisé par le livre « Le dernier verre », paru en 2008, d’Olivier Ameisen, un cardiologue depuis décédé, qui y racontait que ce médicament avait supprimé son envie de boire.