Hémorragie : 130 professeurs ont quitté le CHU de Casablanca.

Malgré le déficit inquiétant en personnel de santé, les hôpitaux au Maroc font face à des démissions en série de médecins, notamment les spécialistes et  les enseignants des Facultés de Médecine et de Pharmacies.

En effet, selon le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup, section à la Faculté de médecine de Casablanca, les deux dernières années, cette faculté a connu 130 départs de professeurs qui n’ont pas été remplacés. Cette vague de départs touchent l’ensemble des services (Urgences, Urologie, Ostéologie, etc.). Selon des statistiques, le nombre des enseignants des Facultés de Médecine et de Pharmacies de Casablanca a baissé de 380 à 236 en une décennie. La baisse du nombre des enseignants est de 38%, alors que le nombre d’étudiants a évolué de 92%. Les conséquences sont la baisse continue du taux d’encadrement des étudiants. Une baisse de la qualité de l’enseignement de la médecine mettra en danger les patients et tout le système de santé.

Les vagues de démissions de médecins opérées ces dernières années sur tout le territoire Marocain sont dues aux mauvaises conditions de travail, la dégradation de la qualité de service et surtout la rémunération qui n'est pas suffisamment motivante.

Les  médecins, notamment les spécialistes, préfèrent aujourd’hui exercer dans le secteur privé, avec tous les avantages financiers que leur procurent les cliniques privées.

Selon des estimations officielles, le pays compte 9.000 médecins, 500 pharmaciens, 10.000 paramédicaux et techniciens spécialisés de santé pour une population de plus de 35 millions d'habitants. Trop peu!!

En se référant au dernier  rapport de L'OMS, le Maroc compte 6,1 médecins pour 10 000 habitants, 9 infirmières et sages-femmes, 1,4 dentiste et 2,7 pharmaciens pour ce même nombre d'habitants.

Le pays est loin de répondre au standard de l’OMS fixé à 1 médecin pour 650 habitants pour les médecins par exemple.

Ces chiffres qui expliquent malheureusement la fermeture des dizaines de centres de santé et de dispensaires dans le rural et les régions des montagnes par manque d’encadrement médical, de médicaments et d’ambulances mais aussi par manque de motivations de ces professionnels par des indemnités et des logements dans ces régions lointaines.