Grève nationale dans les hôpitaux publics

Le nouveau mandat du ministre de la Santé Houcine El Ouardi ne sera pas de tout repos. La tache sera difficile. En effet, le syndicat indépendant des médecins du secteur public appel à une grève nationale pendant 24 heures le jeudi 28 septembre dans tous les établissements de santé, à l'exception des services d'urgences et de réanimation. Les médecins du secteur public protestent contre l'échec de leur dialogue et négociations avec le ministre de la santé ainsi contre le désistement du ministère pour répondre à leurs demandes. Selon le syndicat, dans cette grève tous les médecins sont unis pour exprimer leurs refus à la stratégie et aux comportements de monsieur EL OUARDI, qui ne cesse pas, de les considérer comme des obstacles pour la réforme du système de santé. Les médecins dénoncent l'absence du dialogue avec le ministère ministre de tutelle qui continue de faire « la sourde oreille » à leurs revendications .En l'absence de dialogue avec la tutelle , les médecins du secteur public sont bien décidés à se défendre face à ce blocage et à faire valoir leurs droits par tous les moyens légaux dont ils disposent. La principale réclamation des médecins : Équivalence du doctorat en médecine avec le doctorat national, et être payé selon l’indice salarial 509 soit près de 15.000 dirhams mensuels. Les lauréats ne sont actuellement payés que selon l’indice 336 au même titre qu’un étudiant détenteur d’un master, soit 8600 dirhams de revenus mensuels. Le syndicat revendique aussi de rajouter deux grades au-dessus du hors échelle. Ils réclament aussi l'application des accords du 21 décembre 2015, en vertu desquels le ministère de la Santé s'était engagé pour améliorer les conditions financières des professionnels du secteur en augmentant notamment les salaires et les indemnités. Il est à noter que les chiffres en matière d’accès aux soins de santé sont alarmants, une grande partie des citoyens ne peuvent pas les payer. Aujourd'hui au Maroc, la difficulté d'accéder aux soins se trouve aggravée par une inégale répartition géographique entre milieux et entre régions. Les écarts de densité sont importants non seulement entre les régions sanitaires mais aussi au sein de la même région. Bien plus, la distribution régionale des professionnels de santé favorise largement les régions métropolitaines. En effet, 22% des professionnels publics, sont concentrés dans les régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé ZemmourZâer ; c’est aussi dans ces deux régions que sont installés 50% des médecins exerçant dans le secteur libéral. Le Maroc souffre d'une pénurie aiguë en personnel de santé. Il ne compte que 6 médecins pour 10.000 habitants. Le pays est loin de répondre au standard de l'OMS fixé à 1 médecin pour 650 habitants. Selon le ministère de la santé, le manque de médecins est estimé à 7.000. Pour ce qui est des infirmiers, les besoins s'élèvent à 9.000. S'agissant du personnel infirmier et des sages-femmes, leur nombre s'élève à 24.328, ce qui représente une densité médicale de huit professionnels de santé pour 10.000 habitants, selon les statistiques sanitaires 2010 de l'OMS. Plusieurs rapports émanant d'organismes nationaux ou internationaux ont dressé un bilan dérisoire en termes de santé au Maroc. Le Réseau marocain pour le droit à la santé avait publié un rapport dans lequel il dénonce l’état piteux des hôpitaux au Maroc. Selon ce rapport, 70% des structures hospitalières relevant du secteur public sont non-conformes.