Message d'erreur

  • Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in include() (line 48 of /home/pharmapr/public_html/sites/all/themes/illusion/templates/node/node--article.tpl.php).
  • Deprecated function: The each() function is deprecated. This message will be suppressed on further calls in menu_set_active_trail() (line 2405 of /home/pharmapr/public_html/includes/menu.inc).

Combattre la mort…

  • 01 fév 2019

  • Par : Dr. Zouhair Lahna

  • Tags : sante, Maladie

Quand je ferme mes yeux et j’essaie de m’enfoncer dans mes souvenirs, je revois l’enfant de quatre ou cinq ans que j’étais combattre l’étouffement pour survivre. Asthmatique, il manquait d’air, chaque inspiration était difficile. Les expirations provoquaient des sifflements, qui deviennent de plus en plus audibles au plus fort de la crise. Il avait l’impression d’avoir des oiseaux dans son petit thorax. Les oiseaux c’est beau mais il n’en voulait pas. Cette sensation de manquer d’air est terrible… Il sentait qu’il est en train d’étouffer, ça le fatiguait de tirer sur ses petits muscles thoraciques à la recherche de l’oxygène, et ceci lui donnait l’impression funeste de l’imminence de la mort.

Cette faiblesse imposée par la maladie et fragilité occasionnée par l’allergie, a provoqué en moi une envie de combat. Un combat pour la survie … et la réussite. D’ailleurs, avais-je le choix ? Très jeune j’ai compris qu’il me faudrait étudier pour avoir un métier qui ne requiert pas une grande force physique. Jeune ou très jeune, je ne pouvais penser ni à l’argent ni au statut social ou encore les honneurs.

Ainsi, chaque rentrée scolaire, à la chute des températures, j’avais rendez-vous avec les crises qui me rappelaient ma fragilité et l’éphémère des plaisirs des vacances d’été en famille. Et si maintenant, j’aime l’automne, jeune je le détestais. Puisqu’il signifiait à mes yeux, la grisaille de la mort imminente.

Comme tout enfant, j’avais appris à vivre avec ma maladie et gérer ma faiblesse. Et comme tout garçon, je ne pouvais rester trop sage, j’avais des dépassements et bien sur des crises. Jusqu’à ce que ma volonté de vivre comme les autres : aller à la mer, faire du sport, sortir un peu le soir… a pu prendre le dessus et vaincre (presque) mon asthme. J’en garde toujours un terrain allergique, mais très peu de crises.

J’écris ce texte, pour donner de l’espérance aux jeunes et aux malades et parce qu’il a fallu fouiller dans moi-même pour trouver des réponses à mon engagement grandissant vis-à-vis des faibles et démunis. Cette volonté qui m’habite quotidiennement pour chercher les moyens de me rendre utile en y mettant tous les sacrifices nécessaires : Carrière, famille, quiétude et bourgeoisie…

Un collègue chirurgien m’a dit une fois avec un sourire au coin : Je respecte ce que tu fais, mais tu es comme quelqu’un assis dans une barque, en train de ramer à contre courant … Bravo, mais je ne le ferai pas !!

Justement c’est peut être cette envie de ramer à contre courant sur la mer dont j’ai été presque interdit pendant ma jeunesse, qui motive mes convictions et ma volonté de secourir ceux qui sont interdits de soins de qualité. Comme tous ces enfants de la plaine qui prennent la mer pour se sauver de leur quotidien, en cas de naufrage et de bon destin, ils trouvent des mains secourantes.

Je vois mon engagement comme une nécessité de lutter même avec les maigres moyens dont je dispose, contre les injustices que subissent les malades dans les pays en guerre et les pays pauvres ou déséquilibrés.

Certes, beaucoup de personnes font du bien de part le monde et d’autres transforment leurs métiers en vocation, mais pour que ceci devienne le quotidien qui anime une destinée, il faut bien plus : Il faut combattre pour la Vie!!