Appel des ONG de l'Afrique pour faire face à Ebola

  • 01 nov 2014

  • Par : pharmapresse

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Plusieurs professionnels de santé d'Afrique de l'Ouest ainsi que l'ONG Oxfam ont appelé jeudi 13 novembre les pays du G20 à renforcer leur aide pour endiguer l'épidémie d'Ebola, évoquant de graves insuffisances de moyens sur le terrain.

L'épidémie d'Ebola a dépassé le cap des 5.000 morts, dans leur immense majorité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La lutte contre la propagation du virus sera l'un des sujets abordés ce week-end par les chefs d'Etat et de gouvernement du G20, réunis en sommet à Brisbane en Australie.

Plusieurs professionnels africains, qui s'exprimaient par vidéoconférence lors d'un congrès jeudi dans la métropole australienne, espèrent que ce sommet du G20 débouchera sur un net renforcement du soutien aux régions affectées.

"Nous n'avons rien, nous manquons de tout", a résumé Gorden Kamara, ambulancier au Liberia. Une partie du pays compte 15 ambulances pour 1,5 million de personnes, et seulement un médecin pour 14.000 habitants, a-t-il expliqué. Sa compatriote Laurene Wisseh, une infirmière, a quant à elle expliqué comment les professionnels de santé se voyaient contraints d'"utiliser des sacs en plastique" pour se protéger, faute de gants en latex et de tenues sanitaires appropriées.

"Le manque d'équipements de protection a contribué au taux très élevé d'infections et de décès parmi les personnels médicaux, et incitant à déserter les hôpitaux et cliniques", a déploré M. Kamara. L'ONG Oxfam a estimé jeudi que "presque la moitié" des pays du G20 n'avaient pas fourni "leur part" en terme de participation financière à la lutte contre Ebola.

"Si le G20 veut remplir son rôle de protecteur de l'économie mondiale, il ne peut pas se permettre de laisser une région entière être déstabilisée. (...) Le G20 doit se demander comment répondre aux besoins immédiats en termes d'urgence, et aux facteurs de reprise à long terme", a insisté l'ONG dans un communiqué.

Présent en Australie à l'occasion du G20, le président de la Fédération nigériane des infirmiers, Abdrafiu Adeniji, a lui aussi abondé jeudi: "C'est l'Afrique de l'ouest qui est infectée, c'est vrai, mais Ebola est une tragédie mondiale. Il suffit d'un cas pour que l'incendie embrase un nouveau pays". Les Etats-Unis ont appelé le Fonds monétaire international (FMI) à effacer près d'un cinquième de la dette des trois pays ouest-africains les plus touchés par Ebola, selon un communiqué gouvernemental obtenu mercredi par l'AFP.

Pour sa part, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) a annoncé jeudi qu'elle allait commencer les premiers essais de trois traitements cliniques de la fièvre hémorragique Ebola dans trois de ses centres en Guinée et au Liberia. En l'absence de traitement spécifique de cette épidémie qui frappe plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, ces essais visent à essayer de trouver une thérapie efficace, a précisé l'ONG dans un communiqué.

"C'est un partenariat international sans précédent qui représente un espoir pour les malades d'obtenir enfin un vrai traitement d'une maladie qui tue aujourd'hui entre 50 et 80% de ceux qui sont infectés", a souligné le Dr Annick Antierens, qui coordonne les essais pour MSF.